vendredi 29 février 2008

Jacob Golden

Jacob Golden n'est pas un réel débutant. Il se manifeste en 2002 avec son cd Hallélujah World, un peu passé inaperçu. Je pense qu'avec Revenge Songs, son nouvel album, le jeune homme tient sa revanche.
Grâce au label anglais Rough Trade, Jacob fait 3 ep successifs en 2000, 2001, 2002. Entre temps il travaille sur le disque de Faultline, en accompagnant au chant Michael Stipe d'REM dans la chanson Greenfields et joue à la guitare dans Where is my Boy, chantée par Chris Martin leader de Coldplay. En 2006, une de ses chansons circulait sur le Festival de Sundance (festival du film indépendant crée par Robert Redford). Dans la foulée, Jacob est présenté au grand public dans la série américaine The OC grâce à son titre On a Saturday, diffusé aussi en Angleterre.

Revenge Songs est distribué officiellement aux Etats-Unis depuis le 5 Février dernier. Jacob Golden vient d'entamer une tournée en Angleterre avec le chanteur Merz et joue actuellement à Austin, Texas.
Les fans d'Elliott Smith vont l'aimer. Les compositions sont superbes de lyrisme, les arrangements de guitare electro-accoustique sont troublants de fragilité et le chant de Jacob ne laisse pas de marbre, loin de là. C'est scotchant (Pretend). Vibrant (Revenge songs). C'est même vraisemblablement une des plus belles productions de l'année, une vraie, de celles qui offrent cette impression de pouvoir toucher l'âme de l'artiste. Ce talentueux et touchant garçon nous réserve de belles surprises et mon petit doigt me dit qu'on n'a pas fini d'entendre parler de lui. Jacob Golden a de l'or sous les doigts.
myspace.com/themusicofjacobgolden

jeudi 28 février 2008

High Llamas

Groupe basé à Londres, les High Llamas sont conduits depuis 1992 par Sean O'Hagan, d'origine irlandaise. Cette année là le premier ep Apricots apparait sur l'album Santa Barbara. Le drôle de nom High Llamas vient d'une chanson du groupe des années 60, the Monkees. Inspiré des films des sixties, la véritable influence de O'Hagan est les Beach Boys. Suivront en 1994, l'album Gideon Gaye toujours sous le signe du son psyché Brian-Wilsonnien, album le plus smart de la décennie, puis Hawaii en 1996. Les deux cds comportent des titres que je qualifierais de candy-pop, avec des mélodies sucrées mêlant les cordes, les claviers et les voix en écho, référence direct à Pet Sounds.



Le groupe fait un détour par l'éléctro dans les années 2000, en collaborant avec Stereolab, Mouse, plus tard, fait des remix pour d'autres grands noms comme Super Furry Animal. Puis se succèdent 3 fabuleux albums, Cold and Bouncy, Snowbug, Buzzle Bee. Le groupe fait une halte de 3 ans pour revenir avec le grand Beet, Maize & Corn. Ils y glissent des orchestrations enflammées, avec tuba, cordes et synthés. Des compositions remettant en valeur la voix poignante de O'Hagan. Et que dire de Can Cladders, leur dernier bijou sorti en 2007? que c'est une réinvention de la pop, le meilleur de leur parcours où la guitare accoustique et la basse taquinent avec un ensemble de cordes symphoniques, sur des airs ensoleillés doucement bossa.

Les productions du groupe ont le même charme que celles des français Orwell qui reviennent avec Le génie humain et des canadiens Heavy Blinkers, préparant en studio leur prochain cd sur lequel jouera Sean O'Hagan. Tous ces "as" de la pop radieuse se connaissent très bien. Ils travaillent main dans la main depuis des années. Ruth Minnikin des Heavy Blinkers chante sur le dernier Orwell, et Dave Christiensen aussi des Heavy Blinkers joue de la clarinette sur Can Cladders.
En plus de Can Cladders, Sean a participé cette année aux projets de Sondre Lerche, des Doves et de Cornelius. Vous pouvez également entendre les high Llamas sur la B.O du film La vie d'artiste avec Sandrine Kiberlain et Denis Podalydès sorti en 2007.
Artiste jusqu'aux bouts des ongles, Sean O'Hagan fait également naître une nouvelle forme d'art, le Musical Painting en travaillant depuis 2001 avec le peintre Jean-Pierre Muller. Muller assure le visuel en géometrie variable avec Sean qui produit des sonorités de symphonies avec cordes et cuivres mixés aux bruits urbains.
N.B: les pochettes de disque des High Llamas, peintures sublimes actuelles du peintre et ami fidèle de Sean, Jeremy Glogan.
N.B bis: reprise de la chanson des Smiths Frankly, Mr Shankly par les High Llamas sur l'album The Smiths is Dead.
myspace.com/highllamas


mercredi 27 février 2008

Rue Royale


Rue Royale est un duo de Chicago. Ruth et Brookln Dekker sont aussi un couple hors des projecteurs. Ces deux là ont eu la géniale idée de s'unir pour se destiner à un patrimoine musical pas commun. Brookln avait en 1995 enregistrer un ep en solo, pour être vite repéré par des producteurs de Nashville, ville temple du jazz-rock. Il forme un groupe Trevorside et part en tournée.

C'est en Angleterre qu'il rencontre Ruth qui joue avec un autre groupe américain. Ils ne se quittent plus, emménagent à Chicago et travaillent ensemble à plusieurs titres pop folk.
Il y a des combinaisons insoupçonnées parfois qui s'avèrent évidentes avec le temps. Celle-ci, en fin de compte est particulièrement efficace. Rue Royale nait officiellement en 2006. Ils éditent un ep The search For Where to Go et un album éponyme le mois dernier.
Musicalement, les arrangements se rapprochent du style de Sufjan Stevens ou José Gonzales et les voix de Let's go Sailing. Guitaristes de formation, ils sont multi-instrumentistes. Brookln jouait enfant du piano. Son père était chanteur et acteur et sa mère étant organiste à l'église, la religion est omniprésente dans la famille. Les paroles de Parachutes and Lifeboats évoquent cette recherche spirituelle et les fruits de cette quête. L'écoute donne l'impression d'être sur une route en quête de réponses. L'album est une invitation à une longue et savoureuse promenade. La boucle est bouclée avec le dernier titre du ep, U.F.O, se terminant sur "So I lift up my eyes to the one who shines the most…"

L'identité sereine du duo se dévoile au fur et à mesure des titres. C'est une dégustation qui se pérennise grâce à la tournée commençant à Oxford et qui passe par la France. Rue Royale sera, après des dates en Angleterre, Allemagne et Luxembourg à Orléans le 16 mars et à Niort le 17. Ce sont les deux dates françaises car ils enchaineront sur le Royaume-Uni aussitôt. C'est, à mon avis, le genre de passages éphèmeres qu'il faut savoir saisir en temps et en heure, stricto sensu.
myspace.com/rueroyale

mardi 26 février 2008

Lee Hazlewood


Lee Hazlewood nous a quitté en Août 2007 en nous laissant une oeuvre formidable.
Les amateurs de musique l'estime comme un dieu de la pop indépendante, les artistes professionnels le chérissent comme un père spirituel.
Lee est une figure de la musique des années 60-70. Les Kings of convenience, Primal Scream, Jarvis Cocker, Kathryn Williams, Tindersticks et d'autres encore ont repris les chansons de ce monument.(Some Velvet Morning)


Né dans l'Oklahoma en 1929 et grandit dans la musique. Après ses années de medecine, il part pour la guerre de Corée où il est batteur de l'orchestre militaire et DJ à la radio de sa base, où d'ailleurs il sera le premier à populariser le rock en diffusant du Elvis Presley. En 1954 il crée un label phonographique, qui fera que toute la scène locale évolue autour de lui et grâce à lui. Il rencontre alors Phil Spector.
Lee grandit professionnellement dans tous les genres, rock, blues, country, et acquiert une connaissance étendue, sûre en la matière. En 1955, il est producteur et enregistre son propre disque à Phoenix avec les titres The fool, Soda Fountain Girl. Il écrit pour Duane Eddy dont les chansons seront des hits. Il produira également Dino, desi & billy bien connus des amoureux des Beach Boys. Mais c'est en 1965 que sa carrière débute réellement via sa rencontre avec la magique Nancy Sinatra.

Ayant l'aval de son père Franck Sinatra, la jeune femme devient vite l'icone de la pop chimérique aux bras du cowboy à la voix de bariton.
Le titre These Boots are made for Walking entre aux panthéon de la pop. Dean Martin aussi enregistrera un titre de Lee Hazlewood.
Un tempérament, une personnalité atypique, il n'apprécie pas l'environnement de l'industrie du disque et restera en marge toute sa vie. Un cowboy dans l'âme.
1967, Lee s'occupe de la musique du film Tony Rome avec Franck Sinatra dans le rôle principal, puis la même année, il ecrit des titres pour le film the Cool Ones où apparait comme acteur Glen Campbell. Une de ses chansons est dans dans le film Speedway avec Elvis Presley en 1970, en même temps Lee joue lui-même dans 3 films.
En 1970, il s'exile en Suède, évitant ainsi l'incorporation de son fils dans l'armée. On le verra apparaitre dans deux films du suédois Axelman en 1970 et 1975.
Entre 1968 et 1980, il enregistre une quinzaine d'albums dont le fabuleux Cowboy in Sweden. Son oeuvre romantico-country est désormais une référence et Lee Hazlewood, un maestro de la pop. (You've lost that Loving Feeling)
myspace.com/leehazlewood

Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...