mercredi 16 août 2017

The Crayon Set

The Crayon Set est un groupe irlandais qui dépose brillamment sa culture, tempéraments, traditions, croyances et beauté de l'âme des habitants du pays dans les mélopées. J'aime et suis le travail de Robert Baker depuis presque cinq ans quand parait le premier EP, I wanted You en 2012, peaufiné par Nick Brine, producteur des Stone Roses, Arctic Monkeys, Super Furry Animals et des Teenage Fanclub.

Pour leur premier album en 2013, je partage mon avis ici "nouvel album monumental qui est, à mes yeux, une des meilleures productions indie-pop de l’année 2013" "Dans la veine pop des Camera Obscura, l’album est irrésistiblement ludique, charmant, coloré de mélodies destinées à l’intemporalité. The Crayon Set réussit un coup de maitre en faisant briller le genre orchestral pop qui fait danser depuis des lustres et le dépoussière par la qualité des compositions ornées d’un violon à l’âme irlandaise. La délicatesse constante qui émane des morceaux, l’intelligence des instrumentations, le talent dans les arrangements de voix, tiennent de la performance parfaite. Les dublinois (...) font rayonner l’élégance de la pop sur scène et au travers de l’album The Crayon Set, en promettant une belle persistance contemporaine à l’indie- pop."



Quand le single Attack parait en 2014, je reprends ma plume "Quand on entend The Crayon Set entonner "OK explose, let's attack", mieux vaut ne pas être dans le champ de tir des celtes. Le groupe offre une fraicheur rock'n roll dont certains groupes de pop orchestrale ou symphonique savent faire preuve avec brio. Ici, les musiciens qui artistiquement viennent d'horizons variés, jazz, rock ou classique, le montrent avec vigueur et réussite. Prolifiques, les irlandais ont encore une quinzaine de chansons dans leur besace et songent à un double album, tout en assurant une tournée au Royaume-Uni, ce qui ne nous laissera surement pas sans de belles nouvelles avant 2015. Piggledy Pop est No 1 Fan de The Crayon Set !"
TheCrayonSetPiggledyPop2013

J'ai une sacrée veine de recevoir le tout dernier bijou Lost Languages à paraître le 10 octobre 2017 prochain. Sa découverte m'invite à un état de pop-syncope. En lisant l'Irish Times, je constate que je ne suis pas la seule à flatter les irlandais, méritants : "The Crayon Set are as catchy as a virus". "If you're looking for the kind of purity in indie-pop that you thought had gone missing far too many years ago, then their debut album will see you so right you'll never be wrong again".



Lost Languages annonce la couleur pop avec Are You Ready. Son défilé de guitares, son tempo vivant mené au galop est ceint de paroles frondeuses qui avancent à découvert "are you ready for the Lord, are you climbing up the walls...but don't come too near, don't stray too far". La mélodie danse, fait des ressacs entrainants où les métaphores bibliques délicieusement offensives partent en croisade. Down About It poursuit la cavalcade de guitares sur la voix habitée de Robert Baker, reconnaissable avec cette manière d'épingler chaque mot à la façon feutrée d'un autre Robert nommé Dylan. Avec son timbre de voix profond comparable à Thurston Moore, il rehausse ses chansons, qui à mes yeux, quand leurs auteurs les naviguent font davantage d'effet et chavirer. L'instrumentation merveilleusement arrangée de Yesterday Man, offre une allure langoureuse celte. Mais l'allègement ne dure qu'un moment avec les Crayon Set qui relancent les guitares en première ligne et regagnent du terrain avec Attack. Les violons, les claviers et les guitares rock'n roll font corps et l'envie de danser est amorcée. Closed Lines écrite par George Guilfoyle nous immerge avec grâce dans le mystère irlandais avec un extrait de 'The Sleeping Beauty' de Lord Alfred Tennyson. Ses mythes et légendes gaéliques, la beauté de la mélodie, les voix envoûtantes nous font suivre les sirènes dans les eaux sombres juste avant de reprendre de la hauteur et des particules d'oxygène avec Aeroplane. L'orchestration limpide et solide avec sa guitare électrique planante est magnifique suit les décollages et atterrissages d'une femme insaisissable.



The Crayon Set, autour de Robert sont George Guilfoyle à la basse, harmonium, Sean Finn aux synthétiseurs, clarinette et guitare, Ben White aux guitares, basse, batterie et trompette, Phil Casey aux percussions, guitare, batterie, Kate Dineen au chant, et Gavin Glass qui tient les rênes de Orphan Recordings et produit Lost Languages avec beaucoup de talent, de savoir-faire pour les arrangement de cordes et de claviers qui signent sa renommée au royaume-uni. La pop festive de Regional Tennis séduira les amateurs du sport qui connaissent le stress du service foiré et du coup droit trop mou les jours 'sans'...désespérant. Le clavier psychédélique répand la bonne humeur et jongle avec la rythmique sur un texte souriant perlé d'humour qui redonne le sourire et titres de noblesse au sport régional. The Crayon Set offre un I Can't Say No comme une machine à remonter le temps magique avec sa basse à l'âme pop sixties et sa guitare seventies sur un harmonica qui fait des échappées rafraîchissantes. L'ambiance virevoltante poursuit avec le grandiose Hand-surfing et ses images qui sautillent entre la pluie, le cerf, l'arc-en-ciel, les nuages qui font voyager enveloppées par les harmonies gaillardes réjouissantes. L'atmosphère se fait plus grave et revêt l'écharpe de confession, d'erreurs et de pardon sur le piano, la guitare, la batterie qui forment la sacro-sainte trinité pour sauver l'irlandais de ses penchants sur O'Connell Street.

Le bijou Lost Languages se termine sur la ritournelle somptueuse More Love dont l'énergie spontanée et amoureuse se propage sur les instruments qui déploient leurs gammes et leurs ailes. L'ensemble des chansons, exquises et étourdissantes, pour évoquer la difficulté de trouver les mots quand l'amour nous échappe et disparait, laisse une éclaircie et une chance à un nouvel amour naissant. The Crayon Set signe un album passionné, émouvant, avec cette perfection dans la composition délicatement ourlée et ouatée et l'interprétation élégamment sincère. Le langage des dublinois me trouve et ne me quitte plus en cette fin d'année. Je classe Lost Languages dans mon top 10 des albums 2017.
TheCrayonSet

lundi 14 août 2017

The Lemon Twigs

Les deux frères new-yorkais Michael et Brian D'Addario mènent le projet The Lemon Twigs depuis 2015 en offrant l'EP fantastique What we know et le premier album de génie, Do Hollywood en 2016. Ils sont accompagnés par Megan Zeankowski à la basse et Danny Ayala au piano et claviers. Les deux musiciens de 18 et 20 ans respectivement ont la particularité d'être tous les deux guitaristes et batteurs ; Ils s'échangent les instruments tour à tour sur scène en fonction des chansons. Leur style pop théâtral ressemble à l'univers de la scène rock underground new-yorkaise des années 70. Ce que j'aime chez eux est ce style, ce sens inné de la composition et cette autonomie magnifique qui montre leur personnalité. Produits pour Do Hollywood par Jonathan Rado, les new-yorkais décident de rester à la maison, enregistrent sur leur 8 pistes les six titres du deuxième EP, Brothers of Destruction, qui paraitra le 22 septembre 2017 prochain.



Le grandiose psychédélique et alternatif Night Song apparait en guise de single ces jours ci et m'impressionne tant il est solide, plein de l'âme et de la douce folie créatrice de Syd Barrett. Michael et Brian sont fondus des Beatles et des Beach Boys ce qui s'entend dans les arrangements mais aussi dans leur manière de créer qui est un travail de scientifique 'borderline savant fou', aux frontières du baroque des Zombies et des Kinks. The Lemon Twigs ont de l'humour, de l'énergie et véhiculent un monde imagé avec eux qui montre un sens artistique inné et une sensibilité créatrice à tout épreuve. Les frères D'Addario montent cet été sur les grandes scènes internationales, à Austin, Glastonbury, Lollapalooza etc où de leur enfance nourrie des disques de leur père musicien, auteur-compositeur, ils offrent au public des reprises d'artistes qu'ils aiment comme John Prine et Jonathan Richman.

Brian, 20 ans, chante, joue de la basse, de la guitare, du piano, de la batterie, du violon et de la trompette. Michael, 18 ans, chante, joue de la basse, de la guitare, du piano et de la batterie. Cela semble simple à priori écrit noir sur blanc, mais les deux jeunes hommes passionnés et inspirés travaillent aussi énormément. Sur Do Hollywood, ils ont complété l'instrumentation de violoncelle, xylophone, violoncelle et de cuivres. L'album commence sur un I wanna prove to you romantico-psyché, où l'on décèle déjà un humour second degré puissant. La mélodie au tempo mellow emmène illico nos petites oreilles tendues dans cette ambiance barbapapa et sucrée bubblepop fifties menée par les voix en chorale et les guitares vibrantes.



Le titre Those Days Is Comin' Soon suit avec sa fraicheur dans la rythmique pop qui trottine sur les cuivres langoureux et amoureux. Haroomata arrive somptueuse avec sa structure en zigzague, bondissante et duveteuse, souriante et sentimentale. Batteurs, pianistes et guitaristes, Michael et Brian composent et offrent des mélodies qui mettent autant en exergue le rythme que les notes de piano et les arpèges de guitare. Chaque instrument y a sa place comme sur Baby Baby, groovy et rebel qui illustre une relation en forme de glaçon d'amertume qui plonge dans une menthe à l'eau et dont la qualité me sidère et m'évoque McCartney & the Wings. Les titres s'enchainent, aussi beaux et bons, avec le magistral These Words au Moog boogie et aux trompettes polissonnes, à couper le souffle. L'amour emplit chaque plage avec une lumière délicate et une chaleur espiègle, et As Long as We're Together ne déroge pas à la règle. Sa rythmique qui joue avec la peau du tambour et les harmonies aussi voluptueuses que friponnes est efficace. Les images défilent dans les paroles avec des métaphores animales 'spider', 'owl', un schéma que l'on retrouve dans le dernier titre A great Snake. How Lucky Am I est une pièce mélodique qui donne des frissons avec le chant harmonieux saisissant, ainsi vont Hi+Lo, ses notes de claviers délicatement intimistes et Franck, resplendissant de maturité nostalgique tendue et lyrique. Après ce moment prestigieux de douceur qui emmène vers la fin de l'écoute, The Lemon Twigs terminent sur A Great Snake, révolté et rock'n roll et qui tel un coup de fouet, persuade que la musique pop rock alternative a encore de beaux jours devant elle. Après une virée européenne dont Paris au printemps 2017, The Lemon Twigs sillonnent les scènes internationales avec brio et une belle humeur excentrique communicative. Je suis fan!
TheLemonTwigs



samedi 12 août 2017

Severin Bells

Un vent du nord parfumé à la tulipe vient battre et faire danser mes oreilles. Le combo flamand-hollandais Severin Bells déménage et rend fou l'organe de Corti. Le groupe d'Amsterdam griffe des mélopées au tempo rock alternatif dont la qualité acoustique, mélodique et la réverbération dans les cordes fait un bien du diable!

Je les écoute assez fort et en boucle depuis quelques jours en pensant au Velvet Underground et à Wilco, au son rock puissant, glorieusement énervé dans les seventies à New-York amené sur des riffs et des arrangements pop qui me séduisent hautement. Mick van het Nederend à la guitare, Bo Meskers à la batterie, Christophe Brabanders à la guitare et chant, tous les deux membres des Twin Shades et Willem Oostendorp à la basse ont comme jolies influences Kurt Vile, Nick Cave, Bob Dylan et bien sûr Lou Reed. Severin Bells participe le 31 mars 2017 avec une demi-douzaine de groupes à la soirée organisée à Amsterdam pour la sortie du livre de Peter Bruyn The Velvet Underground & Nico et les 50 ans du groupe américain. En même temps il entre en studio pour enregistrer ses premières chansons avec l'aide du producteur Thijs van der Klugt. J'en reparlerai certainement quand le disque arrivera. En attendant, les deux titres fougueux, furieux et solides One Two Combo et Older aident à patienter!

Nota bene : Severin Bells vient de la chanson de Lou Reed Venus in Furs "Severin, your servant comes in bells, please don't forsake him, Strike, dear mistress, and cure his heart".
SeverinBells

Marc Corrigan

Vive l'Irlande! La grande nation verte, orange et blanche nous comble depuis des siècles d'artistes ambassadeurs de courage et de lyrisme. Marc Corrigan en fait partie. Dessinateur, peintre, graphiste, réalisateur, il est autant poète et musicien. Son univers pictural néo-impressioniste est nourri de musique pop.
Les traits doux et caressants qui émergent de son crayon sont aussi éclatants de vivacité. Son travail qui marie et mélange le réalisme romantique d'Edward Hopper, la délicatesse de Sempé, du normand Daniel Authouart, la naïveté arrondie de Folon, du breton Bernard Morinay, la nostalgie pop de Sam Brown avec son Exploding Dog, me touche beaucoup.





Seuls ces artistes des pays nordiques où le soleil pudique s'amuse à se cacher pour laisser la pluie verdir les contrées ou tendre par surprise un rayon qui vient blanchir les falaises, savent doser l'eau et la matière de leurs aquarelles et de leurs huiles. Comme chez les poètes, Marc dépose de la mélancolie et de l'évasion dans ses croquis et ses illustrations. S'y retrouvent mêlés le passé avec ses brulures et ses grandeurs, Verdun 1918 mais aussi les années 40, les sixties, le voyage, de Rome à Phoenix en passant par Vienne, les saisons avec la neige resplendissante et la pluie qu'il dessine avec un charme et talent infini pour la rendre instantanée. Marc Corrigan excelle dans les films et vidéos dans lesquels je l'ai découvert. Depuis 2010, l'artiste signe des vidéos pour des musiciens avec énormément de tact et de finesse. Il a le don de dénicher le scénario parfait qui se greffe à l'histoire de la chanson.



Pour ceux qui sont amoureux des détails, l'artiste pop diplômé en 2002 du Galway Institute of Technology remplit toujours les blancs avec élégance. Il dirige les vidéos de groupes irlandais comme Ham sandwicH, Biggles fly again, Cat Dowling et internationaux comme I’m from Barcelona, Junior Doctor et Billy Bragg. En dirigeant la vidéo Ants pour Ham sandwicH Marc gagne l'award Best Animated Video du Sound Silver Awards de New-York et conduit en 2014 la campagne Music Matters commandée par l'Irish Music Rights Organisation.
Marc Corrigan offre des expositions à Dublin, chronique dans le Irish Times, tel le prophète pop du photoshop, évoque sous son crayon à papier puis son pinceau les événements qui le marquent et traversent notre actualité. L'artiste continue de nous enchanter avec ses balades irlandaises sous les orangers et ses sentiers fleuris de musique, à suivre...
MarcCorrigan






Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...