samedi 17 juin 2017

Joe McAlinden

Avec Joe McAlinden dans les oreilles, on voyage et on rêve. L'auteur-compositeur écossais a le don de nous prendre par la main et de nous emmener avec lui au coeur de ses chansons. Comme nombre de ses compatriotes, il y a dans ses textes de la poésie et du lyrisme qui déclinent Dame Nature sous toutes ses formes et la retient dans sa paume comme une plume qu'il souffle délicatement sur ses partitions. Les arrangements sont peaufinés, pop, folk, avec en toile de fond, un esprit traditionnel et local très typé dans le choix des instruments. Joe, aussi appelé Linden est un sacré auteur et un interprète né, qui véhicule naturellement son talent et fait rayonner son âme d'artiste.

Joe fait partie du label Barne Society, communauté basée à Glasgow qui regroupe des musiciens scottish-pop de grand talent. On compte parmi eux Stu Kidd et Marco Rea qui forment ensemble The Wellgreen, des maestro de la pop qui collaborent à nombre de projets comme BMX Bandits, Euros Childs, Teenage Fanclub, Snowgoose, Stevie Jackson etc.
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Kidd
WellgreenPiggledyPop
BMXbanditsPiggledyPop
L'aventure musicale pour Linden commence au sein du groupe Superstar en 1992 qui offre chez Creation Records pas moins de sept albums. Depuis 2000, il joue et compose pour différents groupes et artistes : Teenage Fanclub, Rod Stewart, Big Star, Alex Chilton, The Boy Hairdressers, BMX Bandits, Matthew Sweet, BBC Scottish Symphony Orchestra et bien d'autres!



En 2002, il perd son père, enseignant de musique, Joe n'arrive plus à faire ni à écouter de musique. Lassé de faire des compromis au sein des groupes, il quitte Glasgow pour un retour à la ruralité, dans un village où il achète un restaurant, se marie et devient lui-même père. Puis en 2009, il va voir un concert de son ami Edwynn Collins qui fait son retour après plusieurs années d'absence dû à une lourde opération du cerveau. Sur scène il a Norman Blake, le meilleur ami de Joe depuis qu'ils ont créé ensemble en 1985 le groupe The Boy Hairdressers. Il y a aussi les Orange Juice, tout le 'gratin pop' écossais en somme. Ce concert magique qui frappe l'esprit de Joe (et son popotin) lui fait remettre le pied à l'étrier.

Absent pendant presque 10 ans des studios et de la scène, Joe revient doucement à la création et la redécouvre, se sentant revivre après le deuil 'Seeing Edwyn blew my mind and gave me a kick up the arse at the same time..' 'I was straight back into music, discovering it all over again. I’m no old, jaded fool. I’m like a wee kid in a sweet shop. I’m in love all over again!'



Joe reprend la guitare et signe en 2011 le EP Brown Bird Singing (un signe, sachant que les oiseaux reviennent souvent dans ses textes). Il sera suivi de l'album Bleached Highlights en 2012 dont les fans restent encore accrochés à leur tabouret et son deuxième album solo Rest & Be Thankful en 2015 qui à mes yeux est une oeuvre marquante intemporelle magnifique.

That love and that thrill at being immersed in music again is all over Bleached Highlights. Even when Joe tackles an immense sorrow – Hear My Name chronicles his reactions to watching his father spend three weeks in a coma before he died – the mood is always uplifting, there’s always redemption. Joe describes the song If I Had Wings as his, “crossover track”, the place where loss and happiness meet.
If my dad had never passed away, I would never have moved and I would never have all the beautiful things I have now,” he says. “If only he were here to share them.

En janvier 2016, Linden nous offre le single Bones, virevoltant et sublime. Joe est sur sa lancée de nouveau, c'est un retour qui promet de grandes et belles mélodies à venir. En attendant, je savoure Rest And Be Thankful, dont le titre est expliqué par Joe ' It was inspired by a mountain pass I drive over every time I travel to and from civilisation. REST & BE THANKFUL are the words inscribed on a stone near the junction of the A83 and the B828, placed there by soldiers who built the original military road in 1753.'... ' The section is so named as the climb out of Glen Croe is so long and steep at the end that it was traditional for travellers to rest at the top, and be thankful for having reached the highest point. I know how they feel.'



A l'enregistrement dans son studio, il y a Stu Kidd aux percussions et à la batterie, Marco Rea à la basse, Eric Lindsay à la guitare, et tous les trois chantent avec McAlinden qui joue aussi de la guitare, du piano, du saxophone et du violon. Aux manettes pour le mixing, il y a des as, Edwyn Collins et Sebastian Lewsley.
Pour ouvrir le petit chef d'oeuvre, on vogue délicieusement sur I see, à la mélodie printanière, aussi suave que la brume matinale du bord de mer, embarquée par la basse et la guitare electro-acoustique sur les notes de violon. Les mots métaphoriques symbolisent un nouveau départ, pleins d'iode, de bateaux, d'arbres, de feuilles, de matière brute vitale 'Like a stone that's never clean, Someone throw me in a stream, I'll move a little every day, But I won't ever fade away'. Voilà, le thème est donné avec autant d'optimisme que de lyrisme et cet esprit bondissant fait ritournelle sur le génial Window Pane où le saxophone s'allie guilleret au clavier, batterie et guitares emplies d'espoir pour une mélopée groovy dansante. L'amour est présent dans les éléments et la lumière sur Rest And Be Thankful un tempo de roadtrip est lancé pour évoquer le voyage en voiture que Joe effectue quittant son ancienne vie sous les spotlights de Glasgow pour un retour aux valeurs sures, à la terre. Tel un journal intime, Linden offre un Short Worm qui narre la suite de son aventure avec l'image de l'eau à traverser portée par le synthétiseur cristallin et les cordes de guitares fort solides. Hymne à l'Ecosse et à la mémoire, Pull Me Round Again fait resplendir l'âme de Joe qui ferme les yeux et imagine qu'il grimpe jusqu'aux nuages illustrant qu'après la peine qu'il a connu, ayant derechef déployé ses ailes, plus rien ne peut l'atteindre.



L'idée continue sur le fabuleux swingue de Dream Dream, enveloppé des choeurs de l'équipe de musiciens et le chant somptueux, limpide et émouvant de Joe. Le boogie des percussions se mêlent jazzy au saxophone pour inviter à un avenir sentimental riche 'Silver scars like stars they shine for you So let me dream dream my life with you'. La sensualité est saisissante sur Lost and Found, aux arrangements modulés Kerouac-pop pour nous inviter à des foulées, à des embardées sur les routes sinueuses des verts Highlands. Le romantisme envahit les oreilles quand l'harmonie de Take my Hand s'y glisse. Le clavier, la guitare, la batterie se mélangent finement sur le chant en chorale qui entonne un texte amoureux ""hello I've never met you But your words have held my hand while I'm asleep". Yesterday_Rewind est un bijou alternatif mélancolique qui parle du passé et du renouveau avec une guitare qui taquine ses cordes sur des 'houhouhou' et sur le cuivre du saxophone rutilant, qui groove sur Broken Glass où les 'falling stars are watching over me' qui conclut le disque. Joe McAlinden avec sa voix d'une beauté infinie nous délivre un Rest And Be Thankful irrésistible, trésor classé dans le panthéon des disques Piggledy Pop.
Pareil à la grande qualité de Bleached Highlights, Rest And Be Thankful est une exploration sensuelle et sensorielle, d'une finesse absolue définie par son auteur "the album’s not just about loss, it’s about me finding a new and different happiness. It’s the story of how something wonderful just got better…"
JoeMcAlinden



dimanche 11 juin 2017

Happyness

Happyness est un groupe de Londres comprenant le chanteur guitariste-bassiste Jon EE Allan, Benji Compston, chant et guitare, Ash Cooper à la batterie. La singularité du trio est que chacun des musiciens participe à l'élaboration, à l'écriture des chansons. Il offre un univers musical pop rock depuis 2013 et la sortie de l'EP Happyness, suivi de l'album Weird Little Birthday en 2014 et le fabuleux britpop Write In ce mois d'avril 2017.

En 2015, le groupe fait paraitre de nouveau Weird Little Birthday avec des bonus pour les Etats-Unis et l'Angleterre. Au mastering, on retrouve Greg Calbi qui oeuvre pour Band of Horses, Real Estate, Bob Dylan et au mixage, Adam Lasus qui travaille avec Yo La Tengo, Lilys, Army Navy, Clap Your Hands Say Yeah! etc. Sur Write In qui est déjà en rupture de stock, les mélodies nous emmènent tour à tour dans l'univers musical de The Shins, Pulp, Big Star, Pavement pour les arrangements et Elliott Smiths, Beach Boys pour l'interprétation. Prises et savourées de manière indépendante, chaque chanson titille l'oreille et lui apporte des sensations. Quelque soit l'ordre d'écoute, la qualité transperce ses titres.



Write In commence avec le bijou Falling Down où guitares et batterie s'allient dans l'excellence. C'est roots et sophistiqué à la fois. L'intensité et la spontanéité saisissent quand la mélodie déroule ses partitions, on succombe aussi aux premiers mots "How much better To write in, Looking to the real action, And call my Love out, Or hold back the reservation But I'm falling down". The Reel Starts Again [Man As Ostrich], sucrée et voluptueuse, fait voltiger le piano, la guitare au son saturé fantastique et les mots amoureux pour habiller avec un charme à la Lennon le tout. Happyness qui a partagé la scène avec Mac DeMarco, admire l'américain et on entend quelque fois cette bien jolie influence. Anytime sculpté et langoureux fait danser et vibrer l'épiderme. Les lignes de guitares sont vigoureuses, tout autant caressantes qu'offensives. Un mur de guitares se forme solaire et majestueux.



Le plaisir ne déchante pas sur Through Windows où on pense à la poésie mélancolique de Nick Cave, Lloyd Cole et Jarvis Cocker quand la musicalité entêtante hypnotise sur la grandiose Uptrend / Style Raids avec sa guitare galopante majestueuse sur les effets de voix psychédéliques. Les arrangements alternatifs fonctionnent à merveille. Happyness laisse éclater sa joie en se brulant les doigts sur Bigger Glass Less Full, solide, éclatant d'harmonies. Les paroles font trembler, la mélodie déboule efficace sur Victor Lazarro's Heart, là aussi, un coup de maitre indie qui séduit et trouble avec ses mots presque susurrés par Allan, effet que me produit dans ce style les Ultimate Paintings. La perfection dans la composition poursuit avec la rutilante Anna, Lisa Calls où le rythme, les descentes de lignes de guitares, les baguettes sur les caisses qui font des étincelles, les 'papapa' pop rendent hystériques les vertèbres à force d'opiner du chef. La suite reste charismatique avec The C Is A B A G, aux effets psyché dosés pour accueillir la mélodie groovy qui fait planer claviers et basse. Ce petit et réel bonheur Write In fourni par les anglais se termine sur 6 minutes incrustées d'or de Tunnel Vision On Your Part, romantique, hautement mélodique, époustouflant d'inspiration comme l'ensemble des titres. Happyness effleure nos oreilles, joue une musique qui a de l'âme, de la matière qui permet de s'échapper, de rêver.
Happyness



Mobvibe

La devise des Mobvibe, groupe assuré par Christopher Roads et George Cassadrian depuis 2010 est "Wake up the hippie dancer inside you!". A l'écoute de leurs chansons, je parie que vous ferez swinguer vos barbes, vos flûtes de pan, vous échangerez votre sushi vegan pour un trip salade de pavot, troquerez vos repetto contre une paire de sabots, pour vous encanailler et incarner un parfait hippie attardé en transhumance. Leur veine musicale brit-beatles upbeat sous le bras, les deux lascars de Londres concoctent des mélodies dansantes, affirmées et gaillardes. Les arrangements sont fleuris de trompette, tambourins, guitares à volo et une batterie persistante que l'on découvre avec gourmandise en 2011 avec les deux titres What A Day et Take A Look Around.



Avec leur signature 'nusixties', le groupe signe récemment Desire, rond d'une structure 'mods' galbée Fleur de Lys, The Turtles et The Kinks. Ils aiment bricoler leur son psychédélique et le cuisiner à la maison. Mobvibe a investi récemment dans un local, des rouleaux et pots de peinture, sont montés sur des escabeaux au péril de leurs vies pour peaufiner un joli studio d'enregistrement. 10 nouvelles chansons y ont été chouchoutées, répétées et mises en boite ces jours-ci pour passer au stade du mixage. Mon petit doigt investigateur sait dores et déjà que le premier album des Mobvibe sortira en septembre. Evidemment je le chroniquerai! En attendant, on peut se délecter du conquérant EP acoustic, avec Chelsea, 20th Century Girl, Lovers' requiem, Desire, cocktail de sonorités pop sixties vitaminées, ensoleillées, où resplendit la bonne humeur. L'écriture des Mobvibe est aussi élégante que révoltée, les mélodies sont soignées pleines de leur esprit rieur. Encore quelques semaines à patienter...Tout comme la 'sixties british invasion' les Mobvibe vont enchainer sur une tournée à la rentrée, à vos tablettes!
Mobvibe





lundi 5 juin 2017

The King in Mirrors

Ce que j'aime chez le groupe The King in Mirrors c'est qu'il va droit au but. Ses compositions sont garnies de guitares, de mélodies, de tambourins poppeux qui me font fondre. L'efficacité mêlée à l'humilité des arrangements, basse, batterie, guitare et voix forcent le respect quant au résultat mélodique et harmonieux. C'est dansant, ludique et pourtant abouti et peaufiné. L'auteur compositeur anglais Rich May de Swindon, à mi-chemin entre Bristol et Reading, concocte ses mélopées, joue de la guitare et aux claviers, chante entouré de Colin May aux guitares, Jason Bush à la basse et Jamie Deighton à la batterie. Parfois s'ajoute à la bande Helen May au chant. En septembre 2012, l'éponyme King in Mirrors parait avec sept titres alternatifs, supra indiepop où le fabuleux ensemble balance la rythmique endiablée de Rich Craven, les trompettes de Barry Smith et le melodica assuré par Rich à tout bout de champ sur Time Moves On. The King in Mirrors réitère en 2013 avec le génial Rolling In The Sun qui respire toute la britpop de Sarah Records. Mars 2014, c'est Little Voices et ses 5 titres qui tournoie sur les platines.



Les anglais offrent en 2016 le touchant Talk about Today et en mars 2017, le single Foolish Things. Talk about Today en format cinq titres sucre d'orge pop commence avec les notes de guitares et de basse sautillantes alternatives à la sauce The Go-Betweens-Boo Radleys. Superheroes suit, de la même mouture, aussi fringant, pop dansante aux guitares shoegaze et choeurs fleuris. L'harmonie de la mélodie et des rythmiques galopantes de The Deepest Blue offre une orchestration franche, brute et entêtante. Une belle énergie noisy-pop se dégage de l'artillerie de guitares saturées et planantes. L'iode nous arrive aux oreilles avec Hallsands où la batterie fait des rouleaux sur la guitare électrique pleine de feelings et de puissance. Le bonbon pop In A Starlit Sky termine l'écoute sur un chant sublime intime qui boucle un album ample et homogène, aussi dodu et doré de musicalité que Little Voices et Rolling in the Sun.
TheKingsInMirrors





Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...