dimanche 8 mai 2016

James McCartney

J'étais un peu dubitative avant d'écouter The Blackberry Train parce que les disques des 'enfants de' sont souvent décevants mais à son écoute, j'ai été soufflée. Je reste collée depuis deux jours à l'album de James McCartney, violent et doux, rock'n roll et pop, passionné et poétique. Il appose clairement sa griffe et son univers. Son style est enflammé, ses mélodies époustouflantes tout comme l'instrumentation, psychédélique, alternative, puissamment rock. Les thèmes fantastiques sont incroyablement beaux. James nous emmène dans un monde mirifique à bord de son train, où les princesses, les châteaux, les licornes, les couronnes de roses virevoltent dans les titres comme échappés d'un livre de Tolkien.



La passion traverse les chansons de The Blackberry Train, qui est à mon avis le disque le plus amoureux de l'année. Les paroles, passionnantes et passionnées, font corps avec les mélodies tantôt offensives et estomaquantes, tantôt d'un romantisme et d'un lyrisme infini. Il répond dans une interview à la question sur son style musical "poppy and abstract, surrealism, realism … mainly just rock and roll."
J'y entends parfois l'influence de papa McCartney, mais aussi une pléiade d'autres références comme les Pixies, Pavement, Cure, Red House Painters et Neil Young. Né en 1977, il reçoit sa première Stratocaster à neuf ans, devient un musicien hors normes, à la guitare et à la batterie. James sort son premier EP en 2010 au joli nom de Available Light sur lequel il nous offre quatre titres qu'il interprète lui-même à la guitare, chant, batterie, basse, mandoline, piano et contrebasse. Il sera suivi en 2011 du génial EP, Close at Hand et du premier album Me en 2012 avec son sublime Fallen Angel.



The Blackberry Train sorti le 6 mai 2016 ouvre avec Too Hard qui parait en single le 26 février dernier. Le titre est envoûtant, mettant le cervelet illico en mode 'rock'. Les premières notes accrochent, efficaces, les guitares, la basse et la batterie s'envolent sur le chant solide. Suit le fantastique, dans tous les sens du terme, Unicorn. Volontairement rock'n roll dès les premiers titres de l'album, les rythmiques ne désarment pas et évoluent dans un esthétisme, un psychédélisme enchanteur. Il y a une urgence, une honnêteté dans la spontanéité de Waterfall, dédiée à sa mère Linda. Fleuri de batterie, d'une guitare electro-acoustique monumentale, d'une basse impressionnante, le texte lumineux et poétique, plein de clair de lune et de cascades, touche et émeut. Paralysis sort l'artillerie et part en croisade rock'n roll, sur "Once upon a time, in the History, Long time ago, was Mystery..." pour hypnotiser sous la charge de cordes cinglantes et combattantes, magnifiquement aiguisées. Ballerina déroule un texte garni d'étoiles et d'amour, des notes empourprées de sentiments passionnés comme le chant franc, musclé presque mythique. La guitare électrique et l'orgue psyché dégainent sur l'interprétation splendide de James qui dresse les poils, tant sa voix explose et mitraille les mots.



L'excellence poursuit avec les harmonies révoltées et énergiques de Peyote Coyote qui balancent des tempos dansants considérables. La personnalité et le don d'auteur-compositeur de James McCartney sautent aux oreilles sur Fantasy dont les harmonies font vibrer et rêver, amenées avec des arrangements mirifiques divins. De manière logique, le titre suivant Alice utilise Alice au pays des merveilles en guise de métaphore pour un titre superbement rock suivi du fabuleux Ring O Ring O Roses, qui galope printanier et nous emmène sur la mélodie prodigieuse en balade dans la campagne anglaise. Les claviers de Prayer annoncent d'un pas assuré stylé gospel une déclaration d'amour, sensuelle et déterminée. Pour terminer ce chef d'oeuvre, James interprète avec un chant délicat sur un ensemble de cordes Peace and Stillness. Ce dernier titre est un bijou de poésie, délivrant de l'orgue, du violon, un texte magique optimiste et plein de lumière.

Il y a dans les compositions de The Blackberry Train une assurance, une qualité de jeu et de chant, qui balayent d'un revers tous doutes possibles. Rond de maturité, d'un talent inné, d'une technique inouie, l'album est aussi offensif que la flotte de l'Amiral Nelson. L'Histoire avec un grand 'H' tient une place importante dans l'écriture, autant que les contes de fées, les histoires romanesques, auxquelles James fait souvent référence. C'est un passionné de livres, de peintures, du passé historique qui nous offre un The Blackberry Train magnifique.
JamesMcCartney





samedi 7 mai 2016

Seazoo

Lisant la description que le groupe donne sur son site 'Seazoo est constitué de deux humains et d'un ours en peluche déniché dans une brocante', les influences qui animent les musiciens gallois, Gorky's, les sixties, Serge Gainsbourg, Pavement, Yo La Tengo et Granddaddy, le profil indie-pop doté d'un esprit bon-enfant se dessine clairement.
En signant les premiers EP de 2013 enregistrés home-made, Ken et Dog Hotel, joués par les radios du Royaume-Uni et vantés par Steve Lamacq, les Seazoo gagnent immédiatement l'attention des médias. Leur single de décembre 2014 au nom assez long pour veiller les pieds sous le sapin, Happily Taking Advice From An Imaginary Sergeant Eddie Stone Late December, passe dans le Lauren Laverne's show sur la BBC.



Dans ce joli élan, Seazoo poursuit son travail de création, inspiré et fertile, offrant en 2015 le sublime 5 titres, Car Deborah. Les mélodies sont élancées, jouées avec une fibre sixties psychédélique, construites avec batterie, guitares, basse, clavier et chant faisant des spirales et des loops délicieux. Seazoo a la belle particularité d'écrire des histoires et de transformer les chansons en mini scénario, nous emmenant dans des époques, des paysages, aux bras de personnages succulents tout en évoquant notre génération en parallèle.



Cette année, en février parait le single Telephone Jones qui illico séduit et fait dodeliner du chef. Avec une belle dextérité, le groupe enregistre DIY en ajoutant sur le titre de l'orgue et du Korg qui d'emblée accrochent les oreilles. Le 24 avril 2016 l'EP Jumbo arrive comme une comète pop, toujours aussi excellemment dansant, rythmé, aux paroles truculentes et aux arrangements colorés. The Heart of Hercules ouvre le bal, haut en tempo, habillé d'une artillerie de guitares et de claviers. Seazoo, Ben Trow à la guitare, composition et au chant, Llinos Griffiths au clavier et au chant, Steffan Owens à la batterie et au chant, Dan West à la guitare et Mike Smith à la basse, invités à partager un live par Mark Riley, jouent sur les scènes du Pays de Galles et d'Angleterre pour présenter le fabuleux Jumbo.
Le groupe est signé depuis sur le label londonien Fandango, devenu au fil du temps un club de renom où une myriade de groupes viennent jouer, décrit par le Time Out "Club Fandango is the undisputed Daddy of London's indie showcase scene" ( Art Brut, Death Cab For Cutie, Arctic Monkeys, British Sea Power, Keane, Friendly Fires, Kaiser Chiefs, Bloc Party, Maximo Park, Alphabeat, Guillemots, Allo Darlin', We Are Scientists, Crystal Castles, Camera Obscura, The Subways, The Pipettes, Guillemots, Okkervil River, Arab Strap, The Clientele, Je Suis Animal etc) et le premier album de Seazoo doit bientôt arriver, étant en ce moment même au stade de l'enregistrement. A noter sur les tablettes!
Seazoo



jeudi 5 mai 2016

Left With Pictures

En route depuis 2005, Left With Pictures est un groupe londonien qui griffe ses mélodies pop d'une instrumentation orchestrale sophistiquée. Le trio nous offre l'album époustouflant Afterlife ce 29 avril 2016 s'inspirant autant de Ravel, Stravinsky que des Crystal Castles et des Sleigh Bells. Aux côtés de Stuart Barter, auteur-compositeur, guitariste et chanteur, il y a Tom Walker au violon, glockenspiel et Toby Knowles, auteur-compositeur, pianiste, accordéoniste et chanteur qui joue dans le groupe de klezmer-ska, Shtetl Superstars écrivant aussi pour le théatre et la télévision. En 2006, l'EP Making chalk garni de six mélopées pop est un premier galop somptueux avec des 'papapa', des tambourins, un tempo gaillard dans le banjo qui dix ans plus tard sonne plutôt moderne.



Trimbalant autant de spontanéité, d'amusement, de naïveté délicieuse avec l'apparition d'arrangements de cordes, un second EP grandiose suit en 2008. Secretly comporte cinq titres solides, intelligents, où le piano batifole sur le kazoo avec la guitare acoustique, les choeurs beach boysiens orné du chant chaleureux, tantôt de Stuart, tantôt de Toby.



Left With Pictures s'empare des scènes, assure une pléiade de concerts et la presse devient élogieuse. Jusqu'alors en auto-production, le groupe signe sur le label Organ Gringer Records le premier album en 2009 Beyond our means. Les douze titres y sont majestueux, écrits et arrangés avec tact, finesse et une inspiration, une instrumentation mélodieuse qui donne des frissons comme sur Her father's Nose, où glockenspiel, piano, guitare, violon, accordéon s'accordent dans une musicalité impressionnante. Le deuxième album In Time apparait en 2011 avec lui aussi des pépites pop incroyables, saluées par les critiques et les fans qui se dandinent sur Go Simon Go! et St-Dominic.



Cette année, Left With Pictures se sublime, se surpasse, revient avec des titres tous plus sublimes les uns que les autres. Annonçant en début d'année la sortie éminente de Afterlife, les anglais font paraitre le premier morceau, Terra Firma, qui laisse tout ce petit monde des médias royalement sur son séant. Utilisant un schéma plus electro-pop avec Multiplex, The Howling, Who's There, The Start, Last Man on Earth, The Night Watch, balançant sur des morceaux poppeux avec Bloody Mess, Stage Fright et Avert Your Eyes dans la veine de David Bowie, Neil Hannon, Radiohead, l'album Afterlife est surement une des plus remarquables sorties de l'année 2016. Le titre Long Lane, dont la vidéo est dirigée par Jonathan Hyde, aurait plu à Elliott Smith, ce qui rend particulièrement attachants les Left With Pictures. Les trois amis de Londres nous ont concocté un bijou de création, d'inspiration en s'entourant du batteur Ed Seed et du producteur Richard Formby. L'interprétation instrumentale et vocale titille les cimes de la perfection. Tandis que Londres vote aujourd'hui pour son nouveau maire, la ville souffle encore un air de liberté, de rock'n roll et d'indie-pop.
LeftWithPictures





dimanche 1 mai 2016

Gentle Hen

Gentle Hen est le nouveau projet de Henning Ohlenbusch, auteur-compositeur américain qui offre le 6 mai prochain un album pop génial, un bonbon de 10 titres nommé The Bells on the Boats on the Bay. Les amateurs de Ladybug Transistor, Lucksmiths, Camera Obscura, Math and physics club, Hefner, They Might be Giants, seront comblés. Etant fan depuis des années, quand j'ai reçu la semaine dernière ce nouvel album, j'étais en 'lévitation' déjà accrochée aux branches. Je le trouve meilleur d'écoute en écoute. Henning écrit depuis des années, a acquis une solide expérience de la scène et des studios et ayant une belle aisance dans la composition, il se permet de la saupoudrer d'un esprit amusé, radieux, délicatement mordant et adorablement sarcastique. HenningOhlenbuschPiggledyPop2012



L'ancien groupe, comprenant les mêmes musiciens que Gentle Hen s'appelle School for the Dead. Henning joue également dans d'autres formations comme The Fawns, Sitting Next To Brian, Bourgeois Heroes, Goldwater, dans le passé Humbert, The Aloha Steamtrain, The Greenbergs ou encore a accompagné Winterpills, Spouse, Chris Collingwood, Polaris et Mark Mulcahy. Il y a aussi le projet alt-country The Gay Potatoes où Henning écrit des chansons et joue de la basse entouré de Chris Collingwood, Lloyd Cole, Philip Price et Brian Marchese. Actif depuis ses années lycée où il lance son premier groupe, jouant de la guitare et du clavier, Henning ne vit pas sans musique et l'étudie en faculté où il obtient son diplôme en musicologie. Depuis il enregistre ses chansons, produit d'autres groupes dans son propre studio à Northampton. Il signe de multiples disques en solo, dont le stellaire Looks Like I'm Tall en 2006, Henning Goes to the Movies en 2011, réunissant de façon originale des chansons parlant de films comme le titre Amélie et son mellotron dévergondé, ou le magnifique single de 2014 Maybe I'm Not Meant To Do Anything Remarkable After All.




Avec un apéritif tel que I Don't Know About Anyone Else But pour entamer The Bells on the Boats on the Bay, on se régale sous la mitraille de riffs de guitares, brillants. Les tambourins, alliés à la batterie font pousser des ailes et la mélodie donne sacrément envie de sautiller. La bonne humeur resplendit sur la terrible histoire de séparation au charme boogie, au tempo vintage dans Jake and Kim Broke Up (Leave Me Out of It) où les claviers taquins et le chant d'Henning sont splendides. L'irrésistible envie de bouger et danser nous tient sur la balade I Wasn't Looking for This à l'harmonica royal, avec le texte somptueusement désabusé, où les notes pop, la basse grandiose, s'envolent légères et cristallines . Les rythmiques gambadent gaillardes sur Somebody Else's Problem, avec ses guitares sixties scintillantes et ses choeurs joyeux qui accompagnent le texte. Puis le sensuel Waiting For Life vibre allègrement sur une guitare électrique magnifique et la basse, la batterie envoûtantes jusqu'au bondissant et jovial Saving Your Life, à la mélodie vitaminée, aux guitares en cascade. Là aussi l'excellent chant de Henning dont l'humour croustille, est un réel plaisir. The Wrongway Out of Town offre des allures sixties psyché des Zombies, rappelant l'écurie des Neutral Milk Hotel, Elf Power, Of Montreal, The Apples in Stereo ; Titre collectif où toute la clique Gentle Hen chante à l'unisson. Le mellow somptueux de She Does, She Does séduit par son texte hilarant, son instrumentation brillante, donnant un profil rock'n roll aux notes jubilatoires. On se surprend à gigoter fébrilement à l'écoute du solaire The People You See Regularly Never Grow Old où Henning touche et émeut avec cette manière d'écrire sur l'amour avec une infinie drôlerie et pudeur. L'émotion est maintenue, tenace, sur Levitation qui reprend les thèmes favoris de l'artiste, les amis, la grandeur, la peur et l'élévation. Alternatif, ce dernier morceau est une belle réussite dans les harmonies de cordes, sa construction, sans dénoter avec son sens et son message. The Bells on the Boats on the Bay de Gentle Hen est un bijou pop à s'offrir et à offrir absolument, disponible sur le site dès samedi prochain.
GentleHen





Henning Ohlenbusch de Gentle Hen s'entoure fidèlement de ses amis musiciens de School for the Dead , Brian Marchese à la batterie qui joue dans the Aloha Steamtrain, The Greenbergs, The Gay Potatoes, etc, Max Germer à la basse qui joue dans The Maggies, Anthony Westcott à la guitare qui joue dans Humbert (avec Henning et Brian), Ken Maiuri aux claviers qui joue dans Pedro The Lion.



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...