jeudi 21 janvier 2016

Pirouettes

J'ai découvert les Pirouettes en 2013, en postant même leur titre Danser dans les boîtes de nuit sur mon autre blog. Vickie Chérie à la voix et Leo Bear Creek au clavier et à la batterie, se rencontrent un été dans leur ville d'Annecy et composent une électro-pop joviale et pleine de félicité contagieuse. Léo joue parallèlement dans le groupe annécien Coming Soon, dans lequel est aussi son frère Ben Lupum qui trouve le nom de groupe Pirouettes. Ce que j'ai admiré d'emblée chez le duo, c'est l'emploi du français dans les chansons. Encore jeunes, ils assument sans sourciller leur goût pour la musique populaire frenchy en reprenant en 2012 en guise de première signature Comment lui dire de Michel Berger et France Gall. Le couple remixe le tube des eighties en respectant son âme légère et spontanée, en faisant bondir les claviers et briller les voix. Le texte de Berger correspond totalement à l'univers des Pirouettes, dont les textes qui vont suivre, respirent le partage délicat de sentiments amoureux. Comme de dignes héritiers de la veine french-pop de Bijou, Mathématiques modernes ou Tokow Boys, ils utilisent la langue française dans les 4 titres de l'ep Pirouettes sorti la même année, pour la rendre musicale, sentimentale et colorée.



En février 2014 apparait l'album de 7 titres L'importance des autres. Typé et stylé électro contemporaine par les thèmes mêlée à une jolie nostalgie, le disque délivre leurs expériences et leurs univers personnel comme l'envie de quitter la France ou les soirées à l'âme parisienne vibrante. Leurs chansons accueillant Jeremy Rassat à la guitare et David Grumel aux synthé, sont ultra dansantes, alternatives, rondes de références. La mélancolie d'un temps révolu y est élégante, comme sur Robocop ou encore via l'hommage touchant aux Rita Mitsouko sur le Dernier métro. Leurs deux voix se marient parfaitement, belles et envoûtantes sur Briller comme des étoiles, où l'enthousiasme et l'humour, décrit leur état d'esprit de musiciens qui débutent.
Léo glisse toujours une déclaration d'amour à Victoria, ce qui renforce cette ambiance poétique frenchy. Oublie-moi avec sa structure yé-yé est d'une splendeur mélodique. Le chant et les synthé réussissent la chanson, chic et virevoltante. Le sublime Chanter sous les cocotiers, fait éclater cette envie des Pirouettes de jouer pour les autres, d'aimer les gens et met joliment en musique le profil généreux du duo fait de rencontres, d'échanges.



Pirouettes chantait en 2015 :
Et ça m'a rappelé que la musique quand elle bien faite c'est magique
Elle relie les gens entre eux comme un fil électrique
Elle peut tous nous faire bouger la tête sur une même rythmique
Pendant des heures, c'est le bonheur si tant est qu'il y ait du kick
Tu vois ce mec et moi on s'connaît pas et pourtant on s'kiffe
Juste en échangeant des noms de chansons, qu'est-ce que c'est jouissif
Qu'est-ce que c'est plaisant de savoir qu'elle nous touche tous autant
Malgré nos vies, nos avis, nos amis, nos âges différents

Pirouettes revient en janvier avec 2016 (en ces temps-là), titre magnifique aux facettes résolument modernes, avant-gardistes, des paroles touchantes, qui par anticipation évoquent les souvenirs et le passé. Cette belle griffe old-school, pop dynamisée et vitaminée par les deux artistes me fait penser à une phrase d'Abraham Lincoln : "A la fin, ce qui compte, ce ne sont pas les années qu’il y a eu dans la vie. C’est la vie qu’il y a eu dans les années".
Le superbe duo des Pirouettes, fan d'Yves Simon et de Luna Parker, forme un espoir infini sur l'avenir de la musique française, encore nourrie de gaieté, de vie et d'amour. Leurs mélodies pétulantes et pétillantes sont à écouter absolument en attendant impatiemment leur album...en 2016!

Pirouettes

mercredi 20 janvier 2016

Bears Of Legend

J'ai reçu hier cette pépite pop folk qui m'a illico réchauffé les oreilles. L'album concept de Bears of Legend, Ghostwritten Chronicles, s'écoute au chaud et se déguste dans les tanières comme un gros pot de miel. Aérien, complet, il comporte des mélodies élancées et une pléiade d'instruments assurés par le collectif québécois.

En 2012, le groupe annonce son opus de 16 titres, Good Morning, Motherland et s'impose sur les scènes indie-pop pendant l'année, récoltant un beau succès ; Parce que les 'ours' sont comme des 'poissons' dans l'eau sur les planches. Les sept musiciens dont David Lavergne qui écrit les textes et chante, Francis Perron, Claudine Roy, Jacynthe P. Morand, Christelle Chartray, Jean-François Grenier et Guillaume Grenier, jouent violon, violoncelle, accordéon, ukulele, batterie, guitare, piano, glockenspiel et donnent une énergie incroyable lors de leurs shows qui rayonne aussi dans leurs albums. Prolifiques et inspirés, le groupe signera en mars prochain l'album de 13 titres, Ghostwritten Chronicles qui a pour thème le voyage maritime.



En commençant l'écoute avec Be Mine, All Mine, on distingue une veine poétique proche de l'univers de Sufjan Stevens et des arrangements orchestrés avec lyrisme comme savent si bien le faire aussi les compatriotes passionnés Rufus Wainwright ou Hawksley Workman. En guise de déclaration d'amour, dans le sillage du premier titre, The Arkansas River alimente la flamme dans le jeu du piano mutin et coquin, accompagné du violoncelle, banjo, accordéon, rythmique et du chant fondant. Le mélange des instruments est harmonieux, évoquant autant une ambiance traditionnelle du grand ouest que des chaloupes pleines de tonneaux sur les mers impitoyables.

Bears of Legend nous embarque dans l'histoire de ces marins, courageux et sentimentaux sur When I Saved You From the Sea, forgé d'un piano aux notes voguantes et d'un accordéon mélodieux. Les choeurs qui viennent s'allier aux instruments, offrent une ambiance de chansons de marins, de chansons de bord. We're Dead, hisse le pavillon dans la brume et la tempête, pour une halte romantique, langoureuse qui fourmille de rythmes, d'envolées de cordes et de voix illustrant la lumière du phare dans la nuit.



Les arrangements folk sont beaux et puissants. Les mélodies déhalées et alternatives comme sur Challenge Me, s'enchainent parfaitement pour nous maintenir dans l'univers maritime, dangereusement beau et aventurier. La guitare taquine de Encore annonce un bien joli morceau intime, décrivant le manque et la dureté de l'éloignement jusqu'à ce que le violon cabote sur la batterie cadencée, continuant le mouvement sur You, gaillarde et propulsive. Les éléments naturels nourrissent les paroles, nous emmenent sur les flots brillants sous la lune et créent une atmosphère poétique, poursuivie du tempo virevoltant de Beside Me, ode à la complicité. L'orchestration délicate continue sa route avec Hell No, évoquant l'être humain avec ses différences de peau ou de religion qui revient in fine à l'essentiel face à l'adversité. Puis les cordes taquines dévoilent un lyrique She Breaks Me Down, émouvant, frissonnant. Le lumineux We Rise, orné de chants de sirènes envoûtées par les étoiles et le soleil, amarine le style classique-rock, orchestral pop. Une nuée de notes s'élèvent, aériennes, unies au chant révolté et rebelle pour plonger dans In the Middle of the Sea, emprunt d'embruns. Le vent souffle dans les voiles jusqu'à la dernière escale, Loved (The Chance), qui accueille une chorale de voix sur le son des vagues, un texte plein d'engagement et de force, qui mêle l'artisanat de la mer à la musique, une formidable mutualité à l'image du collectif Bears of Legend. Chers gars et filles de la mer (ou pas), coiffez vos écouteurs! Le captivant Ghostwritten Chronicles porté par ses talentueux musiciens tracera je l'éspère son sillon jusqu'en France.

BearsOfLegend



mardi 19 janvier 2016

Ana Lete

L'Idaho, territoire du fameux groupe The Very Most, compte désormais la jeune artiste Ana Lete pour laquelle j'ai un coup de coeur. Elle sort depuis quelques jours le single Aspens et travaille en ce moment en studio à l'enregistrement de Psychic Translation, son premier album qui paraitra au printemps 2016. Agée de 21 ans, après la perte de son ami et mentor qui décède des suites d'une chute au ski, le guitariste Christi Green, Ana trouve dans l'écriture une consolation et compose depuis deux ans. Elle met dans ses chansons agréablement typées indie-pop folk et dans sa voix habitée, les références et influences qui dessinent son univers artistique. Etudiante à l'université, elle suit des cours de jazz et de composition, se prend de passion pour la guitare classique tout en découvrant la pop et écoutant sans relâche les Beatles, Led Zeppelin, Billie Holiday, Bon Iver, les Fleet Foxes, Wye Oak et Feist.



Avec Kerosene, Aspens, Stay, The Universe et Psychic Translation, Ana accompagnée de son complice Ashton Jenicek à la basse, rejoints en novembre 2015 par le batteur Gavin Peterson, dévoile une âme soul, jazzy, présente dans ses mélodies comme dans sa voix qui me subjugue. Comme Joni Mitchell, Feist et Agnes Obel, la jeune femme compose, joue et se jette dans la fosse aux lions sans cligner d'un cil, passionnée par les concerts et désireuse de partager son univers. L'ambiance qui émane de ses titres est pleine de solennel, d'émotions, de musicalité scotchants pour sa jeune expérience de l'écriture et de la scène. La fosse aux lions ne l'impressionne guère car en préparation de son album, elle tourne justement comme un fauve impatient et plein de fougue. Avec ses paroles denses, son style jazz et expérimental, elle invite à la méditation et avec sa voix envoûtante, absorbe l'attention. J'ai vraiment hâte d'écouter la suite et découvrir tout ce qu'Ana Lete a à nous conter et à nous offrir. AnaLete



Dunkerque

Contrairement à ce qu'on peut imaginer, Dunkerque n'est pas un groupe de chti'cardie ; Il vient de Bretagne ! Comme le prénom de la chanteuse Gwen fleure bon la galette au beurre, (même si le beurre est normand, pas d'amalgame...), les mélodies des nantais sont bien typées britpop comme nous habituent depuis des lustres les artistes locaux comme Philippe Katerine, Little Rabbits, Pony Run Run, French Cowboy, Dominique A, Daven Keller, Christine and the queens, etc. Le fief breton avec Rennes, le normand également, est de façon géographique et historique influencé par le rock anglais et le trio nous en offre une belle démonstration.

Après le single Boots are back de 2014, les musiciens de Dunkerque signent l'album Cabriolet en avril 2015. Avec donc Gwennhaëlle Scotet au chant, tantôt français, tantôt anglais, il y a Thomas Bevand alias Stratom et Jean-Félix Picard. Non débutants, jouant dans d'autres groupes depuis des années, ils mettent ici leur expérience, leur inspiration désormais au service de Dunkerque.



A l'écoute de Carry & Sally, la fraicheur pop est au rendez-vous, alimentant cette vibe actuelle frenchy très active. Les guitares, basse et la voix se promènent jovialement sur un air dansant, accrochent d'emblée l'attention avant l'original tempo d'Ignition avec les garçons au chant qui semblent faire un 'cold' clin d'oeil à Joy Division. Synthétiseurs et batterie y accueillent la guitare électrique pour un moment savoureux d'electro-pop qui se poursuit avec Boots are back dont Andy Love signe les paroles et où Jean-Félix surfe délicieusement à la basse, aux guitares, claviers et boite à rythmes.

James Dean arrive à l'ouie avec des paroles françaises en format carte postale hollywoodienne, sur une virevoltante mélodie pop menée par les guitares mutines et capiteuses. L'instrumental Hambourg nous emmène en voyage teuton de manière sémillante avant d'inviter à un moment d'hypnose sur LDR, atmosphérique et stellaire dont les paroles évoquent 'la longue distance'. Le soleil revient sur L'île, grâce au timbre de voix sautillant et frétillant de Gwen, qui donne envie de 'faire les valises' et partir à l'aventure avec ce titre jubilatoire dans le casque. Magenta nous entraine dans un facétieux looping musical electro-pop et boogie. Ce très beau premier album de Dunkerque, dont la musicalité varie avec charme et idées, fort réussi et attachant, se termine sur un somptueux 6 Month Journey qui rappelle le thème du voyage bien sûr, à l'image de la pochette qui est une photo d'un avion et à l'image du nom de l'album Cabriolet. Le style séduisant de Dunkerque plaira aux amateurs du groupe bordelais Calc, à ceux des Tindersticks ou encore à ceux des compatriotes de Rennes, A Cake a Room qui eux rendent hommage à Steve Mc Queen.
Cabriolet est au travers de ses neuf titres une bien jolie promesse pour colorer nos horizons musicaux.
Dunkerque



Gentle Hen

Gentle Hen est un groupe américain du Massachusetts que j’aime depuis des années, devenu au fil du temps, un phare pour le monde indie-pop. ...