samedi 22 novembre 2014

The Yearning

The Yearning est un groupe inspiré par les années fifties et sixties pour composer des mélodies et les arranger à la sauce Spector ou Wilson. C'est à l'initiation de Joe Moore, auteur-compositeur et producteur que nait le groupe il y a une paire d'années avec la signature de l'élégant mini LP Jukebox Romance en avril 2012. L'ambiance surprise partie, ice-creams, pétales de roses, sodas à la paille, faux cils et coeurs tendres y est très étudiée. Les textes naifs fleurent bon l'été et les amourettes parfumées à la guimauve. Les guitares sont suffisamment stylées pop surf pour visualiser Fonzie et son peigne ou le sourire diamant de Richie de la série Happy Days. En ravivant l'âme de Claudine Longet, le chant de Maddie Dobie, amie de lycée de Joe Moore, est aussi sucré qu'une barbe à "papapapapa". Puis en juin 2013, un nouveau mini LP apparait sous le nom de Still in Love. Le décor est planté. Les huit titres derechef offrent une ambiance champêtre et romantique, accoudé au juke box pour roucouler les paroles de Everybody Knows (I'm Still In Love With You) ou de Heart Beats A Little Bit Faster.

Le 30 juin 2014, les anglais de The Yearning qui depuis forment un joli clan de musiciens composé du compositeur et arrangeur Joe Moore, Maddie Dobie au chant, Alicia Rendle aux voix, Mark Kiff à la guitare, Alex Chappelow à la guitare, l'harmonica, la mandolin, au trombone et ukulele, Miranda Lewis, Zoe Illes au violoncelle, Sarah Chappelow à la flûte, Francesca Lewis au violon, Adam Bidgood à la trompette, Martha Kiff au saxophone signent un premier album tant attendu, Dreamboats & Lemonade. La galette, dont les sonorités sont plus californiennes que bretonnes, s'ouvre sur le souriant et confiant Dreamboat qui ranime l'esprit des Chordettes ou de Doris Day et se poursuit sur le mélodieux If I can't have you, sorti en single et profilé pour être aisé à aborder, accrocheur avec des choeurs cordiaux. Puis le dansant Dance with me débarque avec ses guitares easy pop quand le clavecin printanier et mentholé, la harpe et les trompettes de Chasing Shadows rappelle la mélancolie précieuse et délicieuse d'Isobel Campbell dans The Gentle Waves ou Belle and Sebastian. Marry Me In The Morning nous emmène dans les plaines du grand Ouest américain, yeehaaaa! "Last night, a stranger came riding, And threw down his hat on the bar, He told me his story with whiskey, And how he had travelled so far, And something about him engaged me" avec des arrangements dignes de westerns des sixties, ornés de cordes, de cuivres, de flûtes qui donneraient envie à n'importe quel coyote de se mettre à la pop.

It's You That I Want, naif et délicat, arrangé avec des guitares, des rythmiques et un chant millimétré excellent pour se plonger dans une ambiance mélo du siècle dernier précède le savoureux Lemonade qui évoque Doris Day et Sandy (pour les aficionados de Grease), là encore orchestré de manière fine et étudiée pour créer une belle identité musicale "With little kisses like candy, He likes to tango to Doris Day, And sing along with Sandy, We calypso in the evening shade And watch the sun go down on the sea, His love is sweeter than lemonade". Le bon goût habillé de classe de The Yearning se poursuit avec les cuivres et le piano taquin de How Will I Know? qui prouve tous les efforts d'harmonies réussis des anglais. Le langoureux Never Learn To Cry écrite par Simon Napier-Bell et Vicki Wickham aux paroles et au chant sensationnels poursuit dans la veine lollipop avec une cadence savoureuse qui irait comme un gant à Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's, suivi de Every Time I Fall In Love, galopant et joyeusement rythmé, comme Tomorrow Night, emmitouflé dans une nostalgie sucrée et chaleureuse de sortie de collège pour aller danser, l'oeillet à la boutonnière. When I Was Your Baby offre une orchestration de violons et de violoncelles, piano et orgue sublimes avec des envolées de voix sentimentales qui font écho aux Beach Boys et conclut Dreamboats & Lemonade, façonné de manière brillante comme la bande-son d'une comédie romantique.
The Yearning signe un album aux mélodies persistantes et efficaces pour créer des ambiances orchestrées à la perfection. TheYearning

mardi 11 novembre 2014

Playmobil

Depuis qu'il est apparu il y a 40 ans, Playmobil est devenu le jouet le plus populaire de la planète. Hans Beck, son créateur, qui nait dans une famille de dix enfants en Allemagne, confectionne très tôt des jouets pour ses frères et soeurs avant de suivre une formation de menuisier, puis de designer et se faire engager par la société Geobra tenue depuis 60 ans par le brillant Horst Brandstätter. Avec la crise pétrolière, il imagine un jouet demandant peu de matière plastique, haut de 7 centimètres. C'est au salon du jouet de Nuremberg en 1974 que Playmobil, apparait au public pour la première fois. Le succès est immédiat. Dans l'année, Playmobil avec ses joues roses, ses membres articulés, ses yeux ronds et surtout sa coiffure impeccable, est décliné selon plusieurs thèmes : la vie de chantier, le western et les têtes couronnées. Bien sûr, on peut le monter sur son cheval un peu maigrichon mais saillant et lui faire porter son écusson, ou l'assoir dans son camion où sont stockés sa valise à outils, sa pelle, son seau et sa pioche. En 1975 apparait le personnage féminin avec son chapeau et son parapluie rouge (difficile de savoir où la mettre entre le cow-boy, le chef de chantier, ou le roi sur son trône, mais c'était le challenge intéressant.) L'année suivante arriveront les enfants, les indiens (peu de panique à avoir si on avait déjà le ranch) avec leur canoe, le tipi, le feu de camp et leur bandeau à plumes dont l'espérance de vie était courte avant de finir dans un sac aspirateur, les infirmiers, les pompiers, les policiers et leurs menottes qui connaissaient le même sort que les plumes. Puis arrivent les pirates en 1977 avec leur bateau et leurs canons, la ferme, les soldats, etc...Depuis les années 80, Playmobil joue sur tous les tableaux, de la Renaissance au quad jusqu'au plongeur torpille.

J'ai une tendresse particulière pour les toutes premières collections de 1974 à 1978 parce que cette période est celle qui m'a vu jouer aux Playmobils ( poupée Barbie oblige) et parce qu'on avait des étoiles dans les yeux quand en ouvrant la boite du Playmobil "ambulance" on se savait la lourde responsabilité de coller la croix rouge sur la mallette du médecin sans trembler. J'ai aussi le souvenir du "joyeux foutoir" généré quand il s'agissait de caler l'indienne dans le saloon avec le marteau de l'ouvrier à la main pendant que le shérif roulait dans la voiture de police avec la pelle sur le toit ou que le cochon de la ferme frimait dans sa pirogue avec la truelle du maçon. Depuis 1974, 2,7 milliards de Playmobils ont été vendus. La France est le marché étranger qui tient la première place et le fameux Horst Brandstätter continue de passer le matin, âgé de 78 ans, aux bureaux du siège Playmobil accompagné de son chien. Le génie de Hans Beck et de Horst Brandstätter a offert des milliards de petits bonshommes aux multiples possibilités et profils, depuis 40 ans, aux enfants du monde entier nourrissant leur imagination et leur créativité. Une histoire de jouets à transmettre de génération en génération, qui m'aura valu des heures de plaisir passées à créer des univers, des aventures et je sais que beaucoup se reconnaitront dans ce billet. Joyeux Anniversaire à notre ami Playmobil !
Playmobil




lundi 10 novembre 2014

Ry Smith

Ry Smith est la tête pensante, auteur-compositeur, multi-instrumentiste, du groupe de Long-Island Eastern Phoebes dont je parle dans mon billet sur le label February Records.
Depuis le déménagement de Ry en 2011 à Rhode Islands, le musicien se lance dans une carrière solo offrant le très justement nommé This Is A Test: Songs Of The Impossibles, enregistré à la maison, puis signe le génial REXROTH en septembre 2014 toujours chez le duo dynamique Kristin et Danny de February Records. Comme d'habitude sur l'ensemble de pépites pop psyché, affinées et peaufinées dans les arrangements, c'est Ry qui écrit, compose, chante et joue aux guitares, à la basse, batterie, claviers, piano, orgue, harmonica, mandoline, stylophone, banjo, violoncelle. Autant dire que techniquement, Ry Smith est un jongleur, un expert des cordes qui maitrise ses partitions de fond en combles. Son album est surprenant tellement il est enthousiaste, bondissant loin de l'image du poète maudit travaillant seul entre ses quatre murs. C'est plein de jovialité, de mélodies ensoleillées qui m'évoquent un joli cocktail d'univers allant de Jonathan Richman aux Apples in Stereo. Le tempo joyeux, l'interprétation mutine, les orchestrations originales et guillerettes, donne un résultat qui accroche et absorbe l'attention.

Cette pépite galbée et bien balancée commence avec le piano diablotin de It's easy jusqu'au doux psychédélisme pop de Plans Change & People Change Too, à la fois bordé d'un chant de velours et d'un jeu de clavier exalté sur une basse de rêve. Marz, drôle et distingué, porte un texte mirifique sur une orchestration qui ravive l'âme des Zombies ou celle des Beatles comme sur J.K. Rowling Blues au boogie nourri de hand-claps et d'un tambourin futé et moderne. La dansante Oak qui offre une orchestration malicieuse alternative ouvre le pas à Idea of North, aux claviers malicieux et aux percussions gourmandes. Need a Vacation dure 1 minute 10 sunshine et soignée en guise de break au milieu des 13 titres, avant Tree Swallow qui derechef donne cette impression de nouveau, de mobilité, d'imagination sans bornes. Conanicut! entre en scène, cette impression est renforcée à l'écoute du stylophone, du banjo, du piano et des papapapa de Ry Smith qui élève le titre au rang de joyaux pop poursuivant sur le merveilleux Ballad for Benjamin Church. Le style pop-psyché y est dosé, les choeurs taillés comme des rubis sunshine-pop pour poursuivre avec The Dust Bowl, qui délivre une ambiance champêtre saupoudrée d'arrangements lumineux d'orgues, de rythmiques sur un texte fin et touchant. Les mélodies en forme de ritournelles qui tournent en boucle avec facilité, parce que variées et colorées de sonorités, continuent avec Let the Lark aux effluves élégamment mélancoliques puis avec I Gots To Roll Along qui dévoile toute la capacité de l'artiste à explorer les sentiers pop . Je conseille l'écoute de Ry Smith, amateur de Brian Wilson en reprenant Johnny Carson ou encore de poésie en adaptant les poèmes de Gary Snyder comme Stay Together Learn The Flowers Go Light : un artiste de goût riche d'humour et de talent. Il y a quelques jours, le 22 Octobre 2014, Ry Smith signe un album de reprises des Strokes, revues avec brio, revisitées avec une fibre artistique singulière et rafraichissante en téléchargement libre sur le bandcamp.
FebruaryRecordsPiggledyPop
RySmith


dimanche 9 novembre 2014

Lars and the Hands of Light

Lars Vognstrup n’est pas un débutant. Le danois alors âgé de 16 ans chante dans le groupe de métal Rauchy en 2001 et en 2003 il intègre aux choeurs puis en tant que guitariste la formation de Junior Senior avec laquelle il part en tournée jusqu’en 2008. Le single Move your Feet est un succès international. Il forme parallèlement deux projets, l’electro-pop Money your Love en 2004 et le rock psyché Wolfkin en 2006 quand il pose ses valises quelques temps pour vivre à Los Angeles et revient à Copenhague en 2009 pour y fonder Lars and the Hands of Light.

Lars Vognstrup prend une toute autre direction artistique sans pour autant changer ses amis musiciens. A 34 ans, il écrit et compose avec brio des titres influencés par la pop sixties. En 2010, Lars and the Hands of Light signe The Looking Glass, un premier album aux titres dansants, aux résonances funk et pop old-school. Lars semble pouvoir explorer tous les genres musicaux avec une certaine aisance en faisant des reprises des Smiths version rap, en chantant sur du métal, en groovant sur de l’electro-pop pour in fine offrir des titres célestes sur cet album, constellés de guitares, d’orgue, de violoncelle, de claviers psychédéliques, de tambourins et de flûte. Les quatre danois, Lars Vognstrup et sa soeur Line Vognstrup au chant, Thomas Stück au clavier et guitare, Peter Leth à la batterie, s’amusent, jouent des airs joyeux, grisants et savoureusement rythmés. Les harmonies nous emmènent dans les univers des Beatles ou de Belle and Sebastian avec qui ils partagent la scène en 2011. Ils invitent à l’enregistrement de The Lookin Glass, le chanteur de métal Kim Pedersen alias King Diamond et l’excellent guitariste Jacob Funch leader du groupe I got you on Tape. IGotYouOnTapePiggledyPop
Le charisme de Lars Vognstrup, sa voix envoûtante et ses compositions éloquentes sont de retour en avril 2013, comme je l'avais annoncé en novembre 2012 avec la sortie du single End Of Summer.

Fleuri d'arrangements de cordes, une basse resplendissante, un chant et des textes aboutis, Baby, We Could Die Tomorrow de Lars and the Hands of Light est un second très élégant album. Les 9 titres sont inspirés, intelligents et mettent le genre "pop" en exergue. Avec un chant dans la veine de celui de Jarvis Cocker, un peu dandy, un peu prince des arpèges de guitare, Lars est resplendissant.
Le bal s'ouvre sur le parfaitement dansant Time To Glow et ses guitares, ses claviers psychés dans le sillage des groupes pop scandinaves mais aussi des influences amicales américaines comme celle avec Alex Ebert des Edward Sharpe & The Magnetic Zero avec qui il jouait quand il vivait encore à Los Angeles. EdwardSharpeandtheMagneticZerosPiggledyPop
Puis les cordes orchestrées avec finesse, se mêlent aux particules sonores rythmées d'un piano divin sur Kiss You In the Doorway. Puis l'éclatant We Shine On Together, aussi efficace dans la mélodie et l'orchestration, laisse les claviers prendre de la hauteur sur un tempo indie- disco. La voix magnifique de Line Vognstrup poursuit avec l'amoureux How Much We Feel, somptueusement accompagné de guitares et d'une basse. Les arrangement alternatifs et savoureusement pop nous emmènent dans le monde merveilleux de Lars qui est lumineux sur Herd. On peut y retrouver son esprit taquin, novateur, dans une atmosphère proche de Bowie et la poésie de Bacharrach. La délicatesse dans l'écriture et l'interprétation continue sur la splendide ballade Hollywood I Know She Would où basse et violons sont virevoltants. Shiny Bright Star, tout comme End Of Summer, dont la batterie déroule un tempo dynamique sur les voix de Line et Lars, distribuent des rayons uv musicaux dans l'âme des Cardigans, Charlatans ou encore des Postmarks. Enfin, l'harmonica rock'n roll marié aux guitares fringantes sont lumineux sur Baby, We Could Die Tomorrow, dernier et convaincant titre qui donne justement son nom à l'album, conseillé par Piggledy Pop, classé dans le top des sorties passées de 2013. Commande possible chez le savoureux label danois Crunchy Frog :
BabyWeCouldDieTomorrowCrunchyFrog

LarsandtheHandsofLight2012PiggledyPop



Christian Lee Hutson

Christian Lee Hutson est un auteur-compositeur américain qui produit des chansons délicates et folk dans le sillage de Paul Simon, Red House...