vendredi 7 septembre 2012

Zoos Of Berlin

Originaire de Detroit, Zoos of Berlin, groupe fondé à l’initiative de son chanteur Trevor Naud ancien Pas/Cal et le bassiste Daniel Clark, comprend depuis les débuts, le batteur Collin Dupuis et le pianiste, clavier et clavecin, Will Yates. Le style des Zoos of Berlin valse entre la sunshine-pop et la pop baroque. Le rythme tantôt rétro, tantôt sophistiqué moderne et l’univers musical oscille entre le disco, l’electro-pop et le rock. Les compositions signées de Trevor avec Daniel sont tigrées et alternatives par leurs influences, les Beatles, Guided by Voices, Abba, Bowie, Hendrix, Elliott Smith, et Tchaikovsky, Debussy pour Will. Tout ce cocktail musical s’acclimate dans les 11 titres du premier album en 2009, Taxis. Les Zoos of Berlin participent à l’enregistrement de l’album de reprises de Bowie Life beyond Mars, avec la collaboration de Carl Craig pour qui travaille leur batteur Collin Dupuis, ingénieur son. Chaque personne du groupe offre son savoir-faire, Trevor offre des harmonies vocales délectables qui mettent ses textes en valeur comme son âme-soeur Daniel qui écrit, compose et chante, Will Yates qui joue dans plusieurs formations du Michigan comme les Javelins, crée ses solos de claviers et apporte sa touche aux compositions, Collin donne le rythme en tant que batteur mais aussi derrière la console. De manière homogène, les quatre musiciens sont créatifs et leur musique nourrie de leurs expériences respectives en devient exotique, dynamique et mutante. Depuis le 4 titres Pallister Chant de novembre 2011, Piggledy Pop fait le pied de grue pour les nouveautés des Zoos of Berlin qui devraient bientôt pointer le bout du museau. A suivre.
ZoosOfBerlin

mercredi 5 septembre 2012

The Library

C’est après son groupe The Mayflies, en Caroline du Nord, qui a fait paraître trois albums de 1997 à 2002, que Matt Long déménage à Brooklyn et fonde les The Library. Il s’entoure du guitariste Jeremy Burnworth, du bassiste des The Comas, Jason Caperton, du batteur Eric Puente et du guitariste leader des Seamonsters, Blake Courlang ainsi que de Jennifer Hutz aux choeurs. Bien que The Mayflies splite et signe son dernier album en 2002 Walking in a Straight Line, enregistré avec la complicité du producteur de Mercury Rev, le groupe se réunit sur scène en 2007, 2009 puis en 2012.
Dès 2009, The Library signe un premier EP de 6 titres et prend son envol avec des mélopées pop de la veine des Mazzy Star, Chapter House, Belle & Sebastian, Ride, Teenage Fanclub ou encore The Clientele. Entrainantes ou mélancoliques, les chansons sont ornées de flûtes, d’harmonica, de banjo, de trompettes et d’un arsenal de guitares et claviers. La voix parfois tendue et aigue de Matthew Long colle à la perfection aux titres dream-pop, intimistes parfois psyché de The Library dont il griffe tous les titres de sa personnalité. La même année, paraît l’excellent The Life and Times of Rosa Lee. 

En août 2011, Matt Long réitère avec ses compositions surprenantes, des titres efficaces sur tous les plans. Les paroles touchantes, poétiques aux allures brit-pop sous le manteau new-yorkais sont tout autant surprenantes. Trompettes et violons se côtoient joliment sur l’album de 12 titres, The King Of Silverlake. La guitare de l’opus Sometimes I wish rappelle l’élégance délicate des accords d’Elliott Smith. Le dansant When I loved You est fourni de pedales steel et d’une rythmique qui, comme dans Starry Eyed Circus Band, forment deux gaillardes baladelles pop jusqu’au soft et langoureux piano de The King Of Silverlake. Sheila redonne une certaine fougue psychédélique et rock à l’écoute avant le nostalgique All About The Big Nothing, interprété avec des rondeurs dans le chant et de la finesse dans les mots.

Ecouter : WishIKnew

Le banjo presque courtois, brillant, de 6am Sunset Blvd est une ode amoureuse à l’aube. Le soleil se lève avec délicatesse dans le titre qui suit It’s Sunny When You Make Believe, plein de tambourins, d’arpèges de guitares, de choeurs ensoleillés qui flirtent avec les percussions, évoquant les Kinks, et fait place à une promenade digne des Badly Drawn Boy, avec de l’éspèrance dans les trémolos, I still Believe.6 Days in Madrid et le dernier morceau Follow Me Down, sentimentaux, troublants, pourraient aisément faire partie d’une nouvelle BO de High Fidelity, tant dans le sens des textes que dans le format musical qui se classe avec brio entre les sons britpop des années 80 des Smiths ou de XTC et la nouvelle vague pop psyché des Gorky’s Zygotic Mynci et des Apples in Stereo.

mercredi 22 août 2012

Fear of Men

Fear of Men est un duo originaire de Brighton. La chanteuse Jessica Weiss diplômée en histoire et beaux-arts rencontre Dan Falvey, guitariste, séduit par les compositions de la demoiselle. Ils s’entendent très vite dans la mise en place de chansons pop inspirées des Cocteau Twins, Velvet Underground ou encore The Pains of Being Pure At Heart. Avec leurs mélodies en poche, le couple se met en février dernier à la recherche d’autres musiciens pour combler les airs pop d’instrumentations et d’arrangements plus variés. Il rencontre Alex, qui joue de la basse puis un ami de longue date Mike qui est batteur. Aussitôt le quator est lancé sur scène, enregistre des démos sur cassette dans la maison maternelle de Jessica que les radios locales s'arrachent et passent en boucle ; la première cassette Alice Munro a été vendue en deux jours et le 18 juin 2012, un single vinyle deux titres Born et Green Sea parait (en série limitée). 

Les mélodies pop de Fear of Men, ensoleillées et romantiques, sont nées au début d’un travail de mise en musique d’une biographie d’Anais Nin. Les textes qu’écrit Jessica sont influencés par son goût pour l’histoire et la littérature et les airs bondissants sont nourris de ses références musicales, les Pixies, Breeders, Mount Eerie et New Order. Le chant fait de velours fort plaisant va comme un gant au style pop du groupe qui travaille actuellement à un album prévu pour la fin de l’année. Piggledy Pop suivra évidemment ce projet. FearOfMenBandcamp
 

lundi 20 août 2012

Black Swans

Les Black Swans, duo formé de Jerry DeCicca à la guitare, harmonica et au chant et de Noel Sayre au violon et alto, prennent leur envol en 2004 avec l’opus Who Will Walk in the Darkness with You? Après ce premier album qui parle d’amour et de rupture, suit l’EP Sex Brain qui enregistré dans le salon de Forbes, présente la floppée de musiciens et choristes qui seront par la suite fidèles au groupe, Canaan Faulkner à la basse, Chris Forbes à la guitare électrique, Keith Hanlon à la batterie et guitare électrique, Joe Peppercorn au piano, Sarah Jurcyk, Amy Alwood et Cassie Lewis au choeur. Le second album Change de 2007, accorde toujours la voix accrocheuse de DeCicca qui est digne de celle de Neil Young ou de Stuart Staples des Tindersticks à son binôme et oreille absolue, Noel Sayre, musicien aussi d’orchestre symphonique. Entre pop, folk, acoustique et atmosphérique, l’intimité des textes, la délicatesse des arpèges et des accords, créent un ensemble très mélodique et enveloppant. 


En 2008, Black Swans perd Noel Sayre qui décède d’un arrêt cardiaque causé par une chute et noyade dans une piscine près de chez lui. Les deux cygnes sont séparés et Black Swans mettra un certain temps avant de vouloir voler de nouveau et jouer. Bonnie Prince Billy vient apporter son soutien pour un single deux titres en 2010 et la même année Jerry DeCicca revient en studio pour finaliser un quatrième album, Don’t blame the Stars, dont les partitions de violons de Noel Sayre étaient enregistrées des mois avant sa mort et dont la présence tout l’album qui offre ses dernières notes, accroit l’émotion . 




Le 31 juillet 2012, Black Swans pond in fine un album souvenir, un magnifique album hommage où les 12 titres parlent de l’absence de son meilleur ami et de leur complicité durant 15 ans. Occasion for Song est donc éminemment touchant, la pochette représente la piscine et DeCicca parvient à écrire sur l’accident dans la chanson Porstmouth,Ohio ; Le disque s’ouvre sur l’absence insupportable dans Basket of Light : It’s been a long while, Since I’ve seen you smile, I want to feel your warmth again puis la peine et la douleur sont décrites dans Bound To Be : What do you do when the dark is too dark to see? L’album évoque le language enigmatique inventé par les deux amis qui se parlaient par code tellement ils savaient se lire et se comprendre comme sur Bad Day : Sometimes the occasion for song, Is filled with reasons that are all wrong, Don’t sing along, like he can barely get out of bed. But the harmonica, where the violin belongs, sounds as hopeful as it does forlorn. Occasion for Song, comme son nom le souligne, est un album écrit en l’honneur de son ami créateur de Black Swans et DeCicca de manière naturelle, légitime, interprète des chansons folk ornées de banjo, de guitares, d’orgue et de son harmonica si triste et si mélodieux que l’émotion, partagée avec beaucoup de courage et de sincerité, est au rendez-vous.
BlackSwans



Boris Maurussane

Boris Maurussane est un auteur-compositeur et interprète parisien dont le tout nouveau disque Tears of English Town vient de paraître sous l...