lundi 16 mai 2011

Marc Desse

Marc Desse explore la musique de manière contemporaine, composant des chansons griffées eighties et sixties. C’est en 1999 qu'il apparait à la guitare et au chant au sein du groupe Theatre Metamorphosis. L’ep, Tout le Monde n'est pas Autorisé, qui est en téléchargement libre sur le site du label BandCamp, est un panel panaché de sons faisant penser à New Order, à Lloyd Cole ou encore au groupe français, Gamine. Ce superbe trio parisien offre des textes citadins (pas d’histoire de cabane au fond du jardin), modernes, dans un français imagé et inspiré. Les trois aiment jouer sur scène, sont convaincants et ont déjà séduit le public des scènes underground.
Leurs titres sonnent rock, pop, avec quelques pointes punk et mods. Le chant de Marc est d’une belle classe brute, avec des intonations limpides et vives. Les guitares taquinent guillerettes, dansantes et puissantes, quand la basse se dandine au rythme de la batterie endiablée.

PetiteAnneMP3

Marc Desse propose désormais ses titres en solo, avec le titre single Les garçons de l'hiver sorti en avril et ce mois ci, sort Petite Anne. C’est de l’or pop, avec des claviers et des guitares efficaces qui suivent le grain de voix twee-pop de Marc.

LesGarconsDeLHiverMP3

L’ambiance délicate et mélodieuse plaira aux amateurs du label français de Doggy, Anorak Records. Les médias anglo-saxons ne s’y trompent pas et vantent déjà les mérites de ces deux morceaux. Est-ce que les médias français seront aware? Quoiqu’il en soit la french touch is on the way !
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samedi 14 mai 2011

Julien Baer

Julien Baer, frère d’Edouard, est un musicien qui mérite d’être plus connu du public et qui , même s’il n’a pas d'actualités, vaut que l’on parle de son travail au détour d’une chronique. Intemporelles, ses chansons restent sur la table de chevet sans prendre la poussière, réécoutées épisodiquement au même titre que Ces petits riens de Gainsbourg ou Big Trombone des Skatalites.
L’univers musical de Julien Baer est réprésenté (jusqu’alors) par quatre magnifiques albums : Julien Baer en 1997, Cherchell en 1999, Notre dame des limites en 2005 et Le La en 2009.

On entre dans l’univers de Julien Baer comme dans un roman. D’abord parce qu’il utilise joliment la langue française pour finaliser des textes qui ont du sens, de la poésie, du rythme et des couleurs. Parce que les artistes français qui s’appliquent à chérir les mots autant que la musique dans leurs chansons sont rares, parce qu’il est gavant de subir des revendications, des provocations, des textes à deux sous de pseudo poètes maudits de la scène française, Julien Baer est une oasis, une bouffée d’air frais.
Ses albums se savourent, proposent des ambiances différentes les unes des autres, laissent entrevoir un véritable don de composition et d’écriture, de l'humour, une curiosité, et une sensibilité sincère. Quoi de plus périlleux et courageux aujourd’hui pour un auteur-compositeur que de faire fi des considérations commerciales et rester fidèle à ses convictions artistiques?
Au fil des titres de l’album Julien Baer, l’intégrité de L’économie des mots, Le monde s’écroule, touche, la rythmique bossa réchauffe, les mélodies agrémentées de cloches et d’harmonica dans Marie pense à moi, Juillet 66, ornées de flûte, de harpe dans Vie sur Mars ou de violons sur Folie Douce, groovent et donnent envie de danser.




Cherchell plante le décor. On tourne une page et l’auteur se découvre encore un peu plus, via quelques bribes de sa vie parisienne et son désir de fuite, de changement. Toujours aussi pop que le premier, Cherchell explore des instrumentations orchestrales, des rythmiques et des samples qui apparaissent sur deux titres avec la complicité de l’expert dans le domaine, Philippe Zdar. La contrebasse jazzy de Liberté Chérie resplendit sur l’harmonica bluesy. Les trompettes dansent, les synthés swinguent sur Ecrit à la main. Le piano, la basse et la guitare mêlés aux violons émeuvent bouclant le chapitre voyage et laisse entrevoir le sujet de la cassure sentimentale. 

Rebondissant, somptueusement funky, Notre Dame des Limites fait virevolter les mots dès le premier titre : le Roi de l’Underground. Le protagoniste est offensif, persuasif, les chansons pop dévalent les pentes, délivrent un chapitre intime, dont le thème est la rupture ; l’espace et le temps, le départ, l’évasion sont évoqués avec des notes romantiques qui font décidément partie de son univers. L’album entier est une réelle réussite, d’une absolue fibre pop. Les mélodies fleuries et intemporelles en font un disque de chevet favori, qui se réécoute avec délice.

Le La fait le bilan. Julien Baer a passé un peu de temps à Bamako, est parti de Paris pour y revenir inspiré de superbes mélopées évoquant la capitale dans L’immobilier, Cité, Tant besoin de toi. Les textes romanesques, les rythmiques riches d’instruments qui battent la mesure, complètent le voyage musical ; Les chansons solidement bâties, le maniement du langage divertissant, l’ensemble fait feu de tout bois et crée un grand régal de sons. Les titres sont diaprés de guitares, de synthés groovy, de xylophone, d’harmonica, d’accordéon, étayés de peaux frottées et claquées, drapés de violons. La voix de Julien Baer si fine est d’une clarté sensuelle.

Les quatre chapitres signés Julien Baer sont prodigieux et espèrant qu’il y aura bientôt une suite à ces aventures musicales, je vous conseille de vous les procurer, absolument. 

lundi 9 mai 2011

Herman Dune

Je n’ai pas encore saisi ma plume au sujet des Herman Dune, pourtant un groupe que je chéris et écoute depuis dix ans. Herman Dune fait rayonner depuis 2000 un esprit de famille au sein du groupe lui-même mais aussi dans ses différentes collaborations artistiques, ses amitiés, et ses relations fidèles avec ses fans. Ils sortent l’opus Turn Off The Light en 2000, They Go To The Woods et Switzerland Heritage en 2001, The Whys And The Hows of Herman Düne & Cerberus Shoal en 2002, Mas Cambios et Mash Concrete Metal Mushrooms en 2003, Not on Top en 2005, Giant en 2006, et l’excellent Next Year In Zion en 2008 sur lequel apparait la contribution de David Tattersall des Wave Picture. (voir Chronique là : WavePicturePiggledyPop )

Ce qui caractérise le groupe est la combinaison de l’humilité, le talent et la performance.

Aujourd’hui, les Herman Dune frères et soeur sont David-Ivar, Neman et Lisa Li-Lund. Leur frère André a fait partie de l’aventure les six premières années et continue maintenant en solo, poursuivant son superbe projet contenant des titres grandioses sous le nom de Stanley Brinks. Les Herman sont forgés de plusieurs cultures, vivent sur divers continents, mènent nombre de voyages qui enrichissent leur musique de sons nordiques, folk américain, et est-européen. Leur style musical est pop, folk, orné de balades, d’histoires que conte David à la façon d’un prophète troubadour.



Jamais suffisants, perpétuellement curieux et généreux, les Herman s’entourent d’artistes pour les enregistrements d’albums ou pour partager la scène, tels que Turner Cody, Françoiz Breut (ex madame Dominique A), Julie Doiron, et beaucoup d'autres noms.
Leur immense répertoire recèle des centaines de chansons, toutes agrémentées d’instruments variés, guitares, ukulélé, trompette, maracas, tambourins etc. Les choeurs, fameux «angels» dont fait partie Lisa, accompagnent la voix de velours de David, qui m’évoque Kevin Ayers. Quand en concert David se met à chanter accapella, il vous prend dans ses filets et subjugue. Il a fait des études tournées vers l’histoire, le patrimoine et l’architecture, compose et écrit comme un maitre d’oeuvre dessine ou un historien aux allures de troubadour relate avec lyrisme de grandes épopées.



En compagnie de la troupe et de son frère Neman qui, en parallèle, avec Etienne Jaumet, fait élever d’année en année le projet electro-pop Zombie-Zombie, David part sur les routes cet été pour présenter le dernier album. Strange Moosic, enregistré à Portland, paraitra le 23 mai et là encore, de trucculents artistes participent : l’ingénieur-son Adam Selzer (M Ward , She & Him), le réalisateur Toben Seymour (qui déjà avait fait la vidéo du titre de Giant I wish i could see you soon) tourne la vidéo du single Tell me something I don’t know dans laquelle joue John Hamm, acteur dans Madmen, le bassiste Ben Pleng, Rachel Blumberg de The Decemberists et le yéti bleu.
La tournée estivale comptera des festivals comme celui de Benicassim et plusieurs villes européennes dont Paris le 28 mai au Trianon où les Herman Dune et le yéti bleu joueront le très pop Strange Moosic.
SiteHermanDune


HERMAN DUNE "TELL ME SOMETHING I DON'T KNOW" par GreenUnitedMusic

mardi 3 mai 2011

Marc Collin

Il est celui qui manie les reprises avec une dextérité et une espièglerie digne d’arsène Lupin. Versaillais, Marc Collin épate la galerie même au-delà de l’Atlantique par ses dons de musicien. Après un passage par la cold-wave dans les années 80 et la house dans les années 90 avec le groupe Indurain, il brille de mille feux en jouant avec la pop sixties depuis 2003 et la création du groupe Nouvelle Vague.
Compositeur et producteur prolixe, Collin excelle dans l’art de reprendre des tubes, des titres qui ont eu leur heure de gloire et qui sont parfois jetés aux oubliettes.

JustCan'tGetEnoughMP3

Il maitrise le changement de tempo, érige des titres rock en sonorités monumentales bossa, lifte des chansons typées eighties comme Master & Servant de Depeche Mode ou Such a Shame de Talk-Talk ou des morceaux qui d'ordinaire qui me font l'effet d'une rape à fromage, Ca plane pour moi ou Reality de la BO de la Boum.
En 2003, Marc Collin sort son opus éponyme Nouvelle Vague où il dévoile son goût pour les voix féminines, suaves et sensuelles qui accompagnent tout l’album cuisiné à la sauce bossa-nova et où apparaissent des reprises de Depeche Mode, le Marian de Sisters of Mercy, Guns Of Brixton des Clashs ou encore de XTC avec le sublime Making Plans for Nigel.

HeartOfGlassMP3

2004, un deuxième album nommé Bande à part, en hommage à Godard et aux sixties, avec notamment le titre Dance with me, où sont aussi repris des tubes des eighties comme Fade to grey de Visage, Blue Monday de New Order, The Killing Moon d’Echo & the Bunnymen et Don't Go de Yazoo, est un joyau qui lui vaudra une renommée internationale. Marc Collin a de belles references cinématographiques et nourrit ses productions de clins d’oeil au 7ème art qui ne tarde pas à lui faire les yeux doux en retour. Air France et KLM utiliseront également sa reprise de XTC pour leurs pub, les chaines de télé américaines, allemandes, la BBC, les séries, tous les médias diffusent Marc Collin, le plus brillant ambassadeur français de la French Touch. 

AussiBelleQuneBalleMP3

Cette noble et louable fonction se confirme en 2008 avec la sortie de Hollywood mon Amour, album qui fait revivre des chansons comme Eye of the Tiger, Footloose, ou Call me de Blondie, remodelées folk, pop, jazzy, transformées sur fond de synthés, basse, piano, violons, et toujours des voix féminines formidables dont celle de Yael Naïm qui reprend Flashdance de manière émouvante, gracieuse et touchante. L’attrait de Marc Collin pour le cinéma est soigneusement signé.

FlashdanceWhatAFeeling(YaelNaim)MP3

Au cours de son avancée et de son travail sur son projet Nouvelle Vague, Marc Collin ne lésine pas et participe à l’élaboration des projets de ses amis, Doriand, Olivier Libaux, Philip Katerine, Michel Gondry, Private Domain où il apporte sa griffe sur la Traviatta de Verdi.
2009 Nouvelle Vague réitère avec 3, album où figurent les covers de Road to Nowhere, le fabuleux Aussi Belle qu’une balle, la version acoustique de God save the Queen et Ian McCulloch d’Echo & the Bunnymen chante en duo avec Pain sur All My Colours. En 2010 parait une compilation en double album qui regroupe les titres les plus stylés mais aussi des inédits.
2011, Marc Collin nous offre Couleurs Sur Paris, un régal pop comprenant de magnifiques reprises mais également des voix d’artistes. Pour avoir assisté à un fabuleux concert de Nouvelle Vague en décembre dernier à Paris, j’ai trouvé les musiciens splendides et leur prestation fort épatante, séduisante. La présence scénique des chanteuses m’a moins embarqué, ce qui de façon légitime, n’est certainement pas l’avis de la gente masculine.

2PeopleInARoom(Cocoon)MP3

Couleurs sur Paris reflète de nouveau le talent et le don de sculpteur sonore que Marc Collin met en oeuvre dans les reprises de Week-end à Rome, Marcia Baila, Sur ma Mob (titre extraordinaire de Lili Drop), Anne Cherchait l’amour, Amoureux solitaire etc. Les chansons sont interprétées par des artistes qui sont des pros de la scène comme Olivia Ruiz, Julien Doré, Vanessa Paradis, Charlie Winston, Adrienne Pauly, Cocoon; La palette d’artistes présents pour porter Couleurs sur Paris est originale et est à l’image du style kaleidoscope surprenant de son auteur.

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