lundi 21 mai 2018

Anthony Rochester

J'évoque Anthony Rochester et son travail il y a 10 ans sur Piggledy Pop.
"Anthony Rochester nous vient d'Australie avec de la pop gentle, brillante et efficace dans sa besace. Il offre en 2001 Music for Listening & Relaxation. Sur cet album, Anthony assure seul le piano, guitare, violon, basse, batterie. Le tout est orné de tambourin, glockenspiel, flûte, claviers et choeurs. Des invités et amis ont participé à l'enregistrement. Parmi eux, sa famille, et le norvégien Christer Jensen de Micromars, l'écossais Matt Jones alias Norman De Plume des Hepburns. Il y a aussi Christoffer Schon de Remington Super 60. C'est d'ailleurs avec eux qu'il assurera la tournée internationale pour son second album sorti en 2005 Music for Librarians. Depuis 2006 Rochester se produit sur scène, voguant de la Scandinavie aux Etats-Unis, et depuis nous a concocté de nouvelles mélopées qui sortiront cette année (2008) sur un nouvel album Music for in the Spaceship."
AnthonyRochesterPiggledyPop2008



Suivront les albums Hot Hits '96 en 2010 et The Anthony Rochesters en 2012. Ce dernier ajoute un 's' au nom Rochester simplement parce qu'il s'agit d'un enregistrement live avec son groupe, au sein d'une église à Hobart chez lui, en Tasmanie, expliquant le titre Singing in the church et la vidéo de Keep your eyes on the prize filmée dans l'édifice. Nombre de musiciens de pop indépendante aiment le son et la spiritualité qui émanent des églises. Anthony est aussi un producteur accompli et travaille sur le nouvel album In the Mean Time d'avril 2018 du groupe suédois The Hepburns, nimbé et émaillé de son d'orgue, de sunshine sixties dans la veine de Burt Bacharach.



Toutes ces activités de production et de mastering n'ont pas essoufflé Anthony Rochester qui pour notre plus grand plaisir revient ce mois de février 2018 avec son magnifique Anthony Rochester Sings For You, signé chez Jigsaw Records. L'album est un réel régal. L'ambiance et les thèmes poussent à danser et à chanter. Les titres évoquent la musique, la chanson, l'amour évidemment, le temps qui passe, bordés d'une bonne dose d'humour. L'auteur-compositeur dépose de l'esprit dans les mots et dans les notes pour offrir un disque de 9 titres printaniers, fleuris de rythmes bossa qui font groover les mélodies pop. Le bal commence avec la somptueuse et iodée Sing us a seaside song où les samples de cris de mouettes viennent valser sur la basse et la grosse caisse avant la cavalcade de guitares au tempo vigoureux de Parasep discothèque. La chanson voltige sur un thème qu'Anthony connait sur le bout des doigts, celui des laboratoires de recherche, de la psychologie, la microscopie doté d'harmonies sunshine-pop jouées par Michael Herbert à la harpe. La basse, la harpe, le tambourin, les guitares brillantes s'allient glorieusement à la partition de trompette bugle assurée par Tim Byrnes sur le tempo envoûtant de My dancing days are done.



Les flûtes soprano sortent leur grand jeu grâce à Michael sur la furieuse et délicieuse Burkholderia où Anthony siffle accompagné de la harpe nous entrainant dans un univers merveilleusement sixties. Helen Rochester vient prêter sa très belle voix sur A walk in the zoo ; L'ambiance intime et familiale poursuit avec Toronto song aux notes de flûte fabuleusement boogie. Les mots sont imagés, les couleurs courent le long des notes après l'écureuil dans la neige canadienne ou le chat Milo dans Cat Food. Le titre Emotional song #3, plus eighties avec ses claviers est très convaincant, suave et épidermique dans le son de la basse, de la guitare, du piano ascensionnel qui crée de l'élévation, inévitablement de l'émotion. Cet effet réussi produit continue sur le dernier titre de rigueur, Let's make love happen où Peter Joseph Head qui a écrit les paroles, chante accompagné de Tim, rutilant à la trompette. Le style disco-pop clôt avec une classe infinie l'album sculpté dans des particules musicales positives où l'archer Rochester décoche une pluie de mélodies sunshine avec une dextérité qui nous manquait. Anthony Rochester émeut nos délicates oreilles avec ce superbe Anthony Rochester Sings For You, d'ores et déjà sur mon chevet, qui scande autant de mélodies pop authentiques et spirituelles qu'il comblera les fans et autres mélomanes.
AnthonyRochester

dimanche 13 mai 2018

The Clay Hips

Il était une fois The Fairways, une belle et joyeuse troupe de San Francisco ornée des auteurs-compositeurs Brent Kenji (ex The Young Tradition) et Andrew Leavitt, guitariste, producteur, accompagnés du pianiste Keiko Kayamoto et du bassiste Jen Cohen (ex Aislers Set) . Le groupe propulse un single dès 1998, deux EP en 2000 dont un partagé avec les Aislers Set puis en 2001 un autre partagé avec Three Berry Icecream pour signer en 2004 un album pop jusqu'au bout des ongles, élégant et sculpté, au titre évocateur This is Farewell. Vous l'avez deviné, le groupe se sépare. Les deux maestro Kenji et Andrew quittent les Etats-Unis et partent vers deux différents pays européens. Mais les deux amis en contact continuent de composer et nous offrent en 2011 sous le pseudonyme Clay Hips l'EP Clay Hips et son titre I Won't Say qui superbe surprise, commence l'album Happily Ever After qui paraitra le 1er juin 2018.

Quelle joie de recevoir ce somptueux album des deux amis qui l'ont concocté de leurs bases, Kenji à Augsbourg et Andrew à Dublin. Pour les curieux, leurs aventures sont à retrouver dans mes billets de 2016 et 2018 sur les deux autres projets de Kenji Kitahama TheGoldenEaves et FriedrichSunlight



Les thème du départ, de la séparation rôdent langoureusement tout au long de Happily Ever After. Avec des personnalités curieuses, acharnées dans le travail, Kenji et Andrew ont ce besoin vital de rencontres, de mouvements, de résultats, de sensations qu'ils déposent harmonieusement dans leurs mots et leurs partitions. I Won't Say plane et glisse avec son profil expérimental riche de sonorités et de sens. Puis Failure arrive aux oreilles avec ses choeurs velvetiens délicieux et la voix de Kenji, ensoleillée, son texte d'une poésie vibrante. On plonge dans la nostalgie, le sujet de la fragilité du couple. Disappointed dans le même esprit du constat d'échec sentimental invite à danser avec son rythme qui s'envole grâce à la dextérité du batteur Marc Frank et à la présence magique de la chanteuse Beth Arzy (ex de Trembling Blue Stars, The Luxembourg Signal, Jetstream Pony et Aberdeen). The Mayfair Hotel poursuit dans la désillusion et la perfection mélodique dans le jeu des talentueux violoncelliste et violoniste Matthias Fahn et Philipp Müller.



Le tempo mélancolique est rondement mené avec le tambourin et l'effet slide de la guitare country avant de repartir au trot avec le boogie de Someone Who Wanders où la voix touchante de Kenji s'amuse sur la rythmique brillante de Mark. Le titre The Bridge (A Song for Augsburg) juxtapose la lumière à la nuit, passe d'une rive à l'autre pour imager le manque et l'éloignement "Eighty-two degrees in Fahrenheit, Drifting off to sleep in black and white, Look after my friends, But she doesn’t know the train is coming in, 'cause she doesn’t know a different track". Les arrangements de mandoline créent une atmosphère traditionnelle irlandaise et montrent l'étendue du talent d'Andrew à la composition. La notion du temps et du regret se mêlent à celles du retour et des retrouvailles, excellemment mis en musique, où la chaleur de la communion transpercent les notes. Violon et guitare font jaillir la mélodie de I Can’t Say It’s Love où instruments et voix s'amusent et jubilent sur la succession pop de 'kiss kiss' qui éveille l'envie de chanter et de danser. Andrew Leavitt et Kenji Kitahama coopèrent en symbiose pour libérer un Happily Ever After vif en indie-pop, ardent et précieux. L'amitié des Clay Hips aboutit à un album en mutation, qui pour la fan que je suis est le résultat évident d'une ascension épanouie, un des meilleurs albums 2018 que je chéris. Happily Ever After est digne d'une bande-son de film riche d'identités, de style, de mélodies pop et d'amitiés avec un doux parfum de 'Happy End'. Merci Clay Hips et Annika Records pour ce travail esthétique magnifique! Annika

La couverture et la calligraphie sont peaufinées par une artiste espagnole que j'admire, Lupe Núñez chanteuse de Amor de Días, Pipas et The Clientele.
AmorDeDiasPiggledyPop2012
AmorDeDiasPiggledyPop2011



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vendredi 11 mai 2018

Distant Shore

Découverte vrombissante, attachante, les deux splendides chansons de Distant Shore sur l'EP April '18 paraissent sur le net il y a un mois . L'auteur-compositeur Ben Siddall concocte seul ces deux titres, Former Life et A Quick Goodbye, assurant guitare, basse, rythmique, chant et la production. Le mixing est parfait. Ben Siddall est un producteur affûté et averti et l'ambiance que Ben crée gagne toute sa place dans la grande brit-pop. La voix, la mélodie et les arrangements s'accordent et glissent naturellement comme chez ses compatriotes Adam Ficek, Pete Doherty ou encore Alex Turner. Il y a de la rêverie et du lyrisme dans l'écriture, de la musicalité perçante qui à l'évidence retient les chevaux, dotées de cet accent anglais charmant qui envahit avec aisance la mélodie. Le musicien du Yorkshire, qui enseigne la musique dans le privé, travaille actuellement sur un autre EP qui paraitra bientôt et déjà se dessine l'album pour la fin de l'année 2018. En attendant, je savoure la qualité pop du premier April '18, subtil, harmonieux et à certain égard, impressionnant pour un premier galop où Distant Shore se révèle éminemment prometteur. DistantShore

jeudi 10 mai 2018

The Occasional Flickers

The Occasional Flickers et leur album Sleep And The Time In Between sont un des coups de coeur Piggledy Pop, du genre à persister et à me tenir compagnie de manière constante. Ce magnifique album signé en 2017 se dévoile être au fil des écoutes encore meilleur . Ce qui émane des titres, c'est le style singulier , la personnalité inspirée de l'auteur-compositeur et chanteur Giorgos Bouras. Le style indie-pop plein de panache sixties et orchestré précieusement semble inné chez son auteur. Giorgos écrit son premier EP Rain Until Monday en 2003 à Athènes, sa ville. De façon twee, il enregistre en 2006 son opus Scattered Songs à la maison, dans la parfaite et puriste tradition bedroom-pop où le sens de la mélodie est primordial. Il est suivi du single When The Sky Looks So Gray en 2007. Avant de faire paraitre son deuxième album en 2011 Home Is A Four-Letter Word, Giorgos Bouras quitte la Grèce et part vivre en Ecosse, à Edimbourg, où le groupe Occasional Flickers s'agrandit avec Panayotis Baras à la batterie, Fraser Hughes à la basse et Robin Campbell Oliver à la guitare. Avec l'aide de musiciens locaux, l'album peut offrir une pléiade d'instruments et d'arrangements pour habiller les mélodies pop clairement dans le sillage des Camera Obscura, Belle and Sebastian, et Dexys Midnight Runners dont la chanson Occasional Flicker inspire ici le nom du groupe.



Se glissent donc dans les titres, des notes d'harmonium, de trompette, de sitar, orgue, harmonica, violon, Wurlitzer et un ensemble de cordes sur l'excellent A Young Explorer conduit par Nikos Nikolakopoulos. Les amateurs d'étoiles, de télescope, de destin nébuleux et d'aventures astrales seront aux anges avec ce titre croustillant. 2012 parait le trois titres déroutant et intemporel A Simple Song où Giorgos revisite avec sa belle et convaincante intention, le She Belongs to Me de Bob Dylan. 2013, le titre Capitalism Begins At Home apparait. Je suis séduite par son atmosphère pop alternative et sa silhouette garage pop galopante efficace.

L'hiver 2017, The Occasional Flickers revient avec le fabuleux Sleep And The Time In Between et l'album prend de plus en plus de signification et de présence au fur et à mesure de son passage. Le groupe a la délicatesse de l'ouvrir sur A Simple Song où Bouras et Campbell Oliver subjuguent aux guitares comme sur Myself qui est resplendissant par sa musicalité, sa griffe pop montée en chantilly grâce à ses guitares offensives, sa batterie, ses trompettes et saxophone rutilants menées par Ailig Hunter, Tom Irvine et Laurie Irvine. Panayotis Baras est un magnifique prestidigitateur avec ses baguettes, gérant le tempo allié aux guitares sautillantes et à l'orgue de A Sparrow. La rythmique pop mods ne désarme pas sur Half Know où la voix de Giorgos échappée d'une lyre, carillonne énergique et chaleureuse. Most of the Time arrive avec son profil Velvet Underground pour un moment mélodique magique qui tape la mesure et prend de l'ampleur au fil des notes et des mots admirablement touchants.



Les images qui inondent l'écriture sont poétiques, naives, amoureuses, comme sur le titre phare Sleep And The Time In Between, au relief pop joyeux et enthousiaste. Puis le piano et l'orgue se marient lumineux à la guitare de Bouras sur l'instrumental 9/5 Meadowbank Avenue Blues avant le langoureux harmonica de Before You Break A Mirror, sa saveur, ses couleurs, ses reflets mélodieux déposés dans les deux voix mêlées de Giorgos Bouras et de Ola Rek qui se répondent . Le génial single Visions Of Geraldine mène vers la fin d'album avec son style country vintage printanier et impétueux avant Winter Waltz, de toute beauté, pour conclure sur une note bucolique au coin du feu grâce au brio de Sergios Voudris à l'orgue et au piano droit qui dégaine sa mécanique à baïonnettes, suivi par tous les instruments en cascade pour se fondre en un corps mélodique. Sleep And The Time In Between des Occasional Flickers, enregistré dans une église au sud de Glasgow, fait partie pour moi de ces albums tendres et pertinents qui accompagnent et font vibrer des années, sur le chevet Piggledy Pop.
OccasionalFlickers



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