dimanche 28 juillet 2013

The Steinbecks

Les jeunes frères de Melbourne, Josh, 19 ans et Joel Meadows, 16 ans, forment le groupe Sugargliders de 1989 à 1994, font leurs armes sur scène et gagnent une belle reconnaissance. La qualité de leurs chansons les mènent à signer chez Sarah Records. Le duo a envie de s’étoffer et en 1994, il annonce la venue de Robert Cooper à la basse, du guitariste et trompettiste Adam Dennis, de la batteuse Bianca Lew et change de nom, puisant dans leurs références littéraires en adoptant celui de The Steinbecks. Une magnifique compilation sur cassette signée Tali White des The Lucksmiths qui est le cousin des frères Meadows rend hommage aux Sugargliders qui font partie de ses influences. 
Le quintet compose des chansons pop, riches de références littéraires et cinématographiques, agrémentées de leurs repères musicaux qui vont des Monkees, aux Beatles, The Auteurs, The Sundays, Cardinal, Televison, Big Star et Lloyd Cole and the Commotions. Très vite, ils se mettent au travail et enregistrent au rythme de 7 titres en 3 jours, At Home and Abroad qui sort en 1996, où sur un de leur titre Settlement, Josh récite un poème de John Lennon, A Spaniard in the Works. Orné d’une pop enthousiaste, les mélopées sont vertigineuses avec des guitares bondissantes sur les accords dansants du piano et de la trompette. A Melbourne, la même année, un artiste du nom de Bart travaille sur son album pour Bart & Friends et demandera à Josh de lui écrire un texte. Finalement, Joel, Josh et Bart enregistreront le titre Are you guys into Wings? En 1997, The Steinbecks accueillent des nouveaux pour des sessions d’enregistrement : Matthew Sigley à la basse et Darren Seltmann à la batterie. Toujours entourés de leur ami ingénieur du son Mat Gearing-Thomas, The Steinbecks signent en 1998, sur le label Summershine, un 6 titres encore excellent, From the Wrestling Chair to the Sea, suivi de l’album Recorded Music Salon de 2000. Derechef, la plume philosophique et romantique des Steinbecks est lumineuse, évoquant leur goût pour le cinéma sur le titre Anna Karina, la voix de Josh subjugue par son timbre ravissant, forte et joyeuse en choeur mêlée à celle de Joel sur Monochrome.
En 1999, Josh part pour un service volontaire de deux ans en Nouvelle-Guinée et pendant ce temps, à distance continue d’écrire tandis que Joel peaufine de nouvelles chansons en studio, se produit en solo lors de concerts et lives radio. Les deux frères se retrouvent en novembre 2001 et un des premiers titres qu’ils jouent sur scène au retour de Josh est Arafura Sea, un hommage aux papous, aux traumatismes qu’ils vivent et notamment, du meurtre de leur chef Theys Eluay en 2001; Le titre est sur le 6 titres de 2003 Branches And Fronds Brushing The Windows. Réunis, The Steinbecks enchainent les performances, s’offrant des reprises comme Alone again Or de Love dont ils sont fans et repartent en studio travailler sur le quatrième album qui paraitra en 2007, Far From the Madding Crowd. Le groupe propose derechef un album formidable, fleuri de trompette, de cor, assurés par Adam Dennis et Rowan Austin, riche des voix de Josh et de Joel, leurs jeux élégants de guitares acoustiques, de basse, sur Sweepstakes and cheapskates ou encore Bye bye baby. Tali White vient apporter sa contribution, écrivant et chantant sur The Doppler Effect et Have you ever looked after a song?La superbe chanson Sellowiana, qui porte la voix charismatique de Joel est enregistrée en une nuit pour aboutir à un résultat 
magique et lunaire.

  
Après une tournée australienne, The Steinbecks se sont arrêtés quelques temps sans pour autant que les frères Meadows cessent d’écrire des chansons et durant l’été 2012, décident de sortir une compilation des titres de Sugargliders pour enfin la présenter en live. Lors de ces concerts, nombre d’artistes viendront jouer les titres avec Josh et Joel, les membres des Lucksmiths, Bart & Friends, Lovetones, Dunaways, etc. 

En 2013, The Steinbecks sont de retour ! Préparant un album dont le titre sera Kick to kick with The Steinbecks sur le label de Melbourne Popboomerang. En amont, le légendaire groupe australien qui fête ses 20 ans vient de sortir l'EP At Arkaroo Rock de 3 titres grandioses à se procurer absolument chez Matinée Recordings.
 

samedi 27 juillet 2013

Scott Brookman

Je voue une réelle admiration pour Scott Brookman que je connais depuis des années et dont je peux dire que l’artiste constant et émouvant dans ses productions, l’est aussi sur le plan humain. Adepte de la pop sixties, surement un des ambassadeurs les plus actifs de la sunshine pop, professionnel et passionné il compose tel un prodige et écrit, arrange avec du style. Les Beach Boys et Burt Bacharach coulent dans ses veines et leur aura resplendit au bout ses doigts. Il nous comble depuis des années avec son inspiration. Généreux et curieux, il fleurit ses compositions de nombreuses collaborations avec d’autres artistes et explore, invente, en variant les instrumentations. La pop de Scott est joyeuse, chaleureuse et élégante à l’image de son auteur. 
Lycéen dans les années 80, Scott gagne une expérience scènique avec son premier groupe Poisonous Sewer Fish qui joue essentiellement des reprises et se distingue très vite en écrivant et composant des mélopées dans une veine mélodique hautement pop sixties chez lui, en Virginie. De manière artisanale, dans sa salle de bain ou son garage, sur un quatre piste, avec un kit de batterie, le multi-instrumentiste expérimente les sons de sa guitare acoustique, de sa fender, de son clavier yamaha sur différents micros et en sort une série de cassettes magistrale : Bonaparte, Hot Enough to Fry Your Dog's Brain, frozenrawheadless, In My Own Backyard, Tool for the Man, It's More Than a Hobby et A National Treasure. Dans les années 90, Scott Brookman signe un premier Ep vinyle, The Busy World of Scott Brookman, sur le label Twee Kitten Records qui précède The Man From Operations, quatre titres extraordinaires, sorti en 1998, puis le 13 titres de 1999, For Those Who Like POP.et dix ans plus tard, l’album sophomore A Song for Me, A Song for You. 
En 2009, Scott évoquait déjà son interet pour le cyclisme dans le titre A sinister Cyclist et réitère sur son dernier album sorti en juin 2013 avec la première plage de Smellicopter qui rend hommage à Tim E. Redmond, un type qui volait des vélos dans le voisinage quand Scott était enfant. Le superbe album que nous propose Scott Brookman contient son humour dans les textes et toujours cette dextérité pour arranger ses chansons de manière alternative, lumineuse et intelligente. Pour couronner le tout, il s’entoure d’excellence avec la présence du multi-instrumentiste Roland Wolff de Riviera, du français Mathieu Bournazel de Purple Submarine Orchestra qui taquine la basse avec brio, chante et arrange Very Anne, du guitariste Jack Shannon, ses amies Yani qui chante sur Weirdos et Violetta, qui signent le titre Delmarva Way, Nathan Goodwyn et Anthony Allen qui jouent du cor, Jimmy Ghaphery du saxophone sur I Could Use Some New Friends. L’ensemble des titres montrent le talent infini de Scott Brookman. Après le succulent opening Tim E. Redmond et les claviers, le sonnette de vélo et bruit de roue libre, piano et basse admirables, glockenspiel, ses choeurs lumineux, on retrouve la voix pop, délicate et eurythmique qui ensoleille Summer's Two Weeks Notice, beachboysienne et diablement allègre. Dans une fine logique sonore suit To Find Your Happiness, qui swingue, où le banjo fait danser les cordes du piano, de la guitare, de la basse dans un accord parfait. Puis la touche frenchy sur Very Anne grâce au savoir faire du maestro Mathieu Bournazel à la basse et au chant embrase le tempo, en enchainant sur cette irrépressible envie de danser avec Inspected by Curly et sa guitare electro-acoustique espiègle. Puis la balade Iceberglar apporte de la douceur, des notes suaves en milieu d’écoute pour laisser place au galopant et psychédélique Delmarva Way. L’album jusqu’ici reussi et fort abouti continue avec des titres incroyablement bons, I Could Use Some New Friends avec ses cuivres rutilants, Maybe Then et la voix de Scott savoureuse dans la veine de Scott Walker voltige légère et harmonieuse, voix qui nous cueille sans résistance sur Daisy Von Zeppelin où la basse, le piano, banjo et claviers sont euphoriques. Enfin, Weirdos boucle l’écoute toute en émotion, prestance et subtilité, ce qui définit et représente bien l’artiste. Evidemment Piggledy Pop conseille le sublime Smellicopter à déguster et le génie de Scott Brookman à découvrir .

 

Fialta

Fialta est un quator pop californien qui apparait il y a deux ans avec l’EP 3P et nous offre pour l’été un superbe album sorti le 22 juillet 2013, Summer Winter. Les quatre amis de Fialta forment dans le privé deux couples mariés et la joie de vivre, la bonne humeur rayonnent sur les 12 titres. Michael Leibovich, David Provenzano, qui se rencontrent en 2003 pour former Sherwood leur premier projet et composent dès 2010 pour Fialta, tombent sous le charme de Beth Clements et de Sarah Shotwell. Les quatre sont musiciens et chantent en choeur des textes aux allures littéraires et aux formes romantiques qui évoquent le voyage et l’amour. Le nom de Fialta vient de la nouvelle de Vladimir Nabokov, Spring in Fialta. 
La Californie est à l’honneur sur Greek Pretender «Come to California, Flee the wasted east, Resurrect my Princedom by the Sea», l’Est américain est soupoudré de notes séduisantes sur High above Chicago, l’éloignement et la distance sont soulignés sur Japanese Novelty Shop. La chaleur des mélodies est fondue dans les harmonies pop baroque sur Photographs et sur le titre Cars, menées par les percussions variées, colorées, parfois caraibéennes, ornées d’un ukulélé estival. Les arrangements de voix sont champêtres, le chant des couples Michael et Beth, David et Sarah forment une osmose et une alchimie qui rend l’ensemble limpide, homogène. Ils s’entendent et se connaissent très bien, partagent la scène et la composition et la complicité des Fialta apporte beaucoup de dynamisme à l’écoute. Le piano et les guitares sont accompagnés par le glockenspiel, les tambourins et les clap-hands qui accentuent l’effet de synergie. Fialta signe un magnifique Summer Winter à l’âme sixties, peaufiné en studio avec à la basse James Trujillo et à la batterie la participation de Jesse Sotelo, du groupe des Hurricane Roses, puis au masteuring il y a Troy Glessner qui travaille pour Pedro the Lion et Death Cab for Cutie. Piggledy Pop suit Fialta depuis plusieurs mois et l’album tant attendu, est une telle réussite qu’ils nous feraient un sacré honneur de pousser leur voyage jusqu’en Europe pour le présenter. Puisque la peau de singe est pas facile à dénicher, touchons du bois !
Fialta
  

jeudi 25 juillet 2013

The Very Most

2009 : Groupe américain originaire de l'Idaho, The Very Most sont 6 musiciens dont deux voix, celle de Jeremy et celle de Gia qui se répondent avec magie et osmose. En 2004 ils enregistrent leur opus Making the Case For Me. A l'époque Jeremy Jensen avait parallèlement un autre projet avec sa soeur Rachel qui est aujourd'hui membre de Parenthetical Girls. Aujourd'hui c'est Elijah son frère, guitariste, qui rejoint The Very Most, ainsi que le bassiste Zach House, Clint Vickery à la guitare et Jake Hite à la batterie et sortent ensemble l'album Congratulations Forever avant d'accueillir Gia Trotter. Suite à lire là : TheVeryMostPiggledyPop2009
  Revoilà ma plume estivale sur Piggledy Pop pour parler de The Very Most que j’aime depuis leurs débuts. Le groupe ne cesse de me surprendre en écrivant des mélodies qui sont toujours aussi captivantes et en continuant de jouer devant son public sans modération et sans compter les miles. Le voyage en Irlande et la tournée dont je parle dans la chronique de 2009 s’est soldé par une belle collaboration avec le label irlandais Indiecater qui signe dès 2010 sous forme de compilation des quatre saisons l’ensemble des Ep, A Year With The Very Most. Les six musiciens continuent de créer, de travailler sans relâche et avec une veine sunshine et orchestrale, offrent le EP Patricia la même année, particulièrement touchant avec un titre hommage à Jonathan Richman et un autre aux Pixies avec la reprise de Here Comes Your Man. 



La chaleureuse clique, talentueuse, qui fait jouer le vibraphone et le tambourin candides sur les guitares électriques et acoustiques ambitieuses poursuivent leur entreprise avec deux EP en 2011 et 2012, Snow Covered et Ununiversalizable Us. Tout en participant à la compilation Village Green en mars 2013 avec deux titres dont la reprise du projet de Adam Sanders, Adam and Darcie, Take Them All Away, The Very Most pense à nous concocter pour l’été l’EP somptueux Just a Pup sorti en Juin 2013. Ces quatres nouveaux titres sont ronds d’harmonies, galbés d’arrangements brillants, avec des textes narratifs mélancoliques, romantiques, constamment efficaces. 
Jeremy Jensen accompagne Liz Hunt, la chanteuse du groupe de Cardiff The School ; Leurs deux artistes en symbiose reprennent It's Not Unusual. Sous format vinyle, l’EP Just a Pup des Very Most que l’on peut commander via le bandcamp de The School (pratique pour les européens) laisse entrevoir un album à venir grandiose. Le chant délicat et le jeu de guitare élégant de Jeremy, ses compositions aux courbes pop dansantes et captivantes, la batterie de Jake Hite magnifique qui accompagne la basse de Brion Rushton et la guitare de Elijah Jensen sont présents au Popfest de New-York édition 2013. A leurs côtés, il y a Math & Physics Club, The School, Making Marks, The Smittens, Alpaca Sports, French Films, etc.. The Very Most est sur le point de devenir le groupe phare dans le monde Indie Pop, le « very must» à se procurer absolument.
theschool

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La fille de la côte était le premier nom de projet de l’auteur-compositeur Clermontois Yann Pons, devenu depuis Meilleure Erreur depuis 2024...